Les salariés de lusine Sublistatic maintiennent la pression
Au petit matin, hier, les gars se gèlent gentiment devant l’usine. L’occupation de Sublistatic continue, à la dure, entre bidons d’encre et feux de pneus. Un ouvrier n’y tient plus : il veut se jeter un café brûlant dans le gosier. Mais, à l’accueil, un cri strident le stoppe net dans son élan : Martine nettoie l’usine et, avec elle, il est tout bonnement hors de question de marcher tant que c’est pas sec. En arrière toute et, dans la bise, les gaillards sortent l’arsenal de blagues : « Ah ça, Martine, elle est avec nous et heureusement ! Car, quand on l’énerve, elle peut coller la frousse à 200 CRS... » En un clin d’oeil, la plaisanterie conjure le spectre d’une intervention policière dans cette usine que les salariés menacent toujours de polluer en déversant des milliers de litres d’encre et de solvants.
Pour l’heure, les « Sublistatic » maintiennent la pression. D’autant que, jusqu’ici, cette modalité d’action, spectaculaire et sensationnaliste, a permis de détourner l’itinéraire de leur enterrement programmé ce lundi. Hier, en fin d’après-midi, une nouvelle réunion, organisée dans la discrétion, devait rassembler les salariés, les représentants des collectivités territoriales et les autorités préfectorales. Plusieurs pistes de poursuite de l’activité sont désormais explorées : un redémarrage en SCOP ou une reprise partielle par le groupe roumain Fian System. Sur le volet social, les ouvriers revendiquent toujours une prime exceptionnelle de 100 000 euros. « On va demander au préfet et à la région de discuter sérieusement de notre prime, promet Philippe Frémaux avant de rentrer en négociation. Ils continuent de se renvoyer la balle : à les écouter, c’est toujours aux autres de financer, mais ça ne peut plus durer. » Pour l’heure, d’après l’intersyndicale UNSA-CFTC-CGT, le conseil régional se serait d’ores et déjà engagé à financer toutes les formations demandées par les salariés licenciés chez Sublistatic.
Source : l'Humanité - T. L.
Edition du 16 janvier 2007