PSA - La grève fait tache d’huile

Publié le par Resistencia

Chez PSA Mulhouse, la CGT appelle les salariés à débrayer ce lundi pour l’augmentation des salaires et pour défendre l’emploi.

Mulhouse (Haut-Rhin), envoyé spécial.

Mulhouse-Aulnay : même combat ? Depuis le début du mouvement en banlieue parisienne, la CGT informe presque au jour le jour les 10 000 salariés de PSA à Mulhouse. Via des tracts et même quand ça se présente, par les articles de l’Humanité... « Ce qui est en train de se passer à Aulnay, ça fait vraiment discuter dans les ateliers, témoigne Vincent Duse, délégué syndical. Les gars ne parlent que de ça. Alors, on a décidé de lancer un appel à la grève, ce lundi 12 mars, pour obtenir ce que revendiquent nos camarades là-bas : 300 euros d’augmentation générale, un plan de départ pour les anciens dès cinquante-cinq ans et l’embauche des intérimaires en CDI. Pour gagner, on sait qu’il faut étendre le mouvement sur les autres sites à Sochaux et chez nous. On table sur un effet boule-de-neige. La direction va faire le boulot pour intimider les troupes, mais, je le crois, ils ne sont pas à l’abri d’une très mauvaise surprise pour eux... Et une très bonne pour nous ! »

Les salariés de PSA à Mulhouse sont confrontés à une « restructuration » permanente qui ne dit pas son nom mais vise à réduire les effectifs du constructeur. Ils viennent, par les voix de FO et de la CGT, d’apprendre lors de la présentation de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) le projet de suppression de 400 emplois supplémentaires dans la « structure », c’est-à-dire parmi les cadres, les techniciens, les chefs d’équipes et les contremaîtres. D’après la CGT, PSA envisage d’arriver à ses fins par des « aides au passage à temps partiel », des « primes de départ en congé de longue durée », des « aides à la mobilité », des « temps partiel pour les fins de carrière », des « primes de retour au pays pour les salariés étrangers » et des « primes d’incitation au licenciement économique volontaire ». « Cette dernière disposition, c’est une nouveauté chez nous, relève Vincent Duse. Cela ressemble à ce qui se fait chez les équipementiers comme Faurecia ou Behr France. Globalement, il s’agit comme toujours de faire baisser les coûts en tapant, en particulier, dans la main-d’oeuvre. On va à contre-courant de ce qui est nécessaire : permettre aux salariés usés de partir à la retraite en embauchant les jeunes intérimaires et augmenter les salaires afin qu’on puisse relancer la consommation, y compris celle des voitures que nous produisons. »


Source : l'Humanité - Thomas Lemahieu
Edition du 12 mars 2007

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article