Education : Manifestation à l'appel de la FSU
Sans attendre la journée de grève unitaire prévue dans l'ensemble de la Fonction publique le 8 février, la FSU (première fédération syndicale de l'Education) appelle à une manifestation nationale samedi 20 janvier après-midi à Paris pour dénoncer l'ensemble de la politique éducative du gouvernement.
Les manifestants se rassembleront samedi à la mi-journée place Denfert-Rochereau, puis défileront à partir de 14h jusqu'à la place de la Bastille. La Fédération syndicale unitaire (FSU) attend quelque 10.000 à 15.000 personnes venues de province, et explique que 12 TGV ont été réservés.
"La grosse inconnue, ça va être combien de personnes de la région parisienne venant par leurs propres moyens vont participer au défilé", a déclaré à l'Associated Press le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri, qui fixe la barre du succès à un total d'au moins 20.000 manifestants, et se dit "optimiste", compte tenu du contexte.
Les personnels du second degré apparaissent en effet particulièrement remontés contre un projet de décret -présenté en octobre dernier- modifiant leur temps de travail et autorisant l'affectation d'un même enseignant sur plusieurs établissements et plusieurs matières.
Le 18 décembre, ils s'étaient fortement mobilisés contre ce texte à l'appel d'une intersyndicale composée de 15 organisations. Les syndicats avaient comptabilisé entre 53% et 55% de grévistes en fonction des établissements, le ministère entre 23,62% et 38,94%. Et le 11 janvier, le ministère a en plus confirmé que 5.060 postes seront supprimés à la rentrée de septembre 2007 dans l'Education, une mesure unanimement dénoncée par tous les syndicats.
Les fédérations estiment ainsi dans un communiqué commun diffusé jeudi que "l'ampleur des suppressions de postes, qui se cumulent à celles des années précédentes, va entraîner des mesures particulièrement préjudiciables à la réussite de nos élèves".
"C'est une très mauvaise nouvelle pour l'Education, et une très bonne pour la mobilisation", ironise-t-on au SNES, membre de la FSU, et premier syndicat des enseignants des collèges et des lycées.
La FSU a décidé seule
"On n'est pas favorable à une manifestation nationale à Paris, très coûteuse en terme de mobilisation et de financement. Par ailleurs, nous trouvons que la plate-forme mise en avant par la FSU est trop vaste", explique à l'Associated Press le secrétaire général du SGEN-CFDT Jean-Luc Villeneuve.
Du côté du Syndicat des enseignants-UNSA (SE-UNSA), on estime que la FSU a décidé seule de la date et des modalités de mobilisation, "et que si on veut construire quelque chose d'unitaire, ce n'est pas comme cela qu'on procède".
Luc Bérille, le secrétaire général du SE-UNSA, juge en outre que le défilé de samedi est "surtout un moyen pour la FSU de compter ses troupes, à quelques jours de son congrès (prévu du 29 janvier au 2 février à Marseille, NDLR), ce qui ne concerne pas les autres organisations".Source : NOUVELOBS.COM | 20.01.2007 | 07:29