Etats-Unis - Une loi de Bush contre l’IVG approuvée par la Cour suprême
Etats-Unis . Cette victoire des croisés obscurantistes pourrait ouvrir la voie à d’autres atteintes aux libertés.
En obtenant la remise en cause d’une procédure technique de l’interruption volontaire de grossesse à la Cour suprême, les ultraconservateurs ont ouvert une brèche juridique dans laquelle ils entendent s’engouffrer pour tenter de faire supprimer l’IVG. Ramenant les États-Unis vingt-quatre ans en arrière.
Cinq juges contre quatre ont décidé mercredi qu’une loi votée sous l’impulsion de Bush en 2003, au temps où les Républicains possédaient la majorité au Sénat, ne portait pas atteinte à la Constitution contrairement aux cours du Nebraska, de Californie et de New York. Une décision rendue possible grâce à la nomination par George Bush de deux nouveaux juges pour des postes devenus vacants.
La loi Bush interdit une pratique approuvée par le Collège des obstétriciens et des gynécologues, reconnue nécessaire en certains cas, après douze semaines, afin de protéger la santé de la femme. Le choix des femmes de recourir à cette méthode est désormais criminalisé. Les médecins qui la pratiqueraient sont passibles d’une amende et de deux ans de prison.
Le président de la cour a confirmé le mépris porté à la liberté du choix des femmes en déclarant qu’elles devaient être protégées (contre elles-mêmes), car elles pourraient regretter plus tard d’avoir eu recours à cette pratique.
Pour une des juges, Ruth Bader Ginsburg, il s’agit d’une décision « alarmante » qui s’oppose à la loi votée le 22 janvier 1973 autorisant l’IVG dans les six premiers mois. Deux autres membres de la Cour n’ont pas caché qu’à leurs yeux cette loi pourrait être déclarée anticonstitutionnelle.
C’est une victoire pour les groupes obscurantistes qui mènent au nom des valeurs familiales un combat dont la violence, encore la violence, s’est traduite par des actes criminels contre les cliniques pratiquant l’avortement. Les médecins sont assaillis, menacés par les croisés des « valeurs familiales » qui ont déjà fait des morts (1). L’IVG est rendu difficile, particulièrement pour les femmes dépourvues de moyens, et plus encore pour les dizaines de milliers de jeunes filles de treize ans des quartiers pauvres qui figurent dans les statistiques des grossesses non voulues. Au-delà de l’IVG, ils pourraient s’attaquer, avec l’appui de la nouvelle Cour suprême, à d’autres libertés, en obligeant, par exemple, à enseigner leurs thèses sur la créativité, un autre cheval de bataille des amis rétrogrades de Bush.
(1) Voir l’Humanité du 2 janvier 1995.
Source : l'Humanité - Jacques Coubard
Edition du 21 avril 2007