Irak - La construction d'un mur à Bagdad signe "l'échec des plans américains", selon Al-Qaida

Publié le par Resistencia

La construction par l'armée américaine d'un mur de cinq kilomètres en plein cœur de Bagdad suscite colère et incompréhension. Depuis le 10 avril, l'armée américaine achemine en effet des blocs de béton dans le quartier sunnite d'Adhamiyah, l'une des dernières enclaves sunnites dans l'est chiite de Bagdad.

Selon l'armée américaine, ce mur, construit dans le cadre du plan de sécurisation de la capitale irakienne, est destiné à empêcher d'éventuels escadrons de la mort chiites de commettre des attentats pour faire fuir les sunnites du quartier, mais aussi les insurgés sunnites d'utiliser cette poche comme base pour commettre des attaques dans les quartiers chiites (encore un "mur de la honte", comme les israeliens en ont construit un en palestine, avec le véto des Etats-Unis...). "Le but n'est pas de diviser la ville entre les différentes communautés" mais de fournir "davantage de sécurité aux gens qui vivent dans les quartiers où le niveau de violence augmente", explique le lieutenant-colonel Scott Bleichwehl.

Dans un communiqué mis en ligne sur Internet, dont l'authenticité n'a pu être établie, une alliance de groupes sunnites chapeautée par la branche irakienne d'Al-Qaida, l'Etat islamique en Irak, estime que le recours à de tels procédés dénote "l'échec de tous ses précédents plans visant à briser la volonté des moujahidines".

L'EFFICACITÉ D'UNE TELLE MESURE N'EST PAS DÉMONTRÉE

Les habitants et des commerçants du quartier, eux, ont accusé samedi les forces américaines de les emprisonner. "Eriger de véritables murs entre quartiers n'est pas une solution pour faire face à l'échec de la sécurité et à la violence rampante", a protesté Oum Haider, 54 ans, qui se dit "consternée". "Si c'en était une, les Bagdadis se retrouveraient du jour au lendemain dans un dédale de murs", assure-t-elle. "Nous ne voulons pas voir de mur de la ségrégation entre nous et dans le reste de Bagdad", proteste pour sa part un vendeur de parfums.

Alors que des parachutistes américains plaisantent sur ce projet qualifié par certains de "Grande muraille d'Adhamiyah", en allusion à la Grande muraille de Chine, les habitants du quartier le comparent plutôt aux protections de certains quartiers des riches banlieues américaines. Ce mur risque aussi d'être comparé à celui construit par l'Etat hébreu entre Israël et la Cisjordanie.

Adhamiyah n'est pas le seul quartier à être entouré de murs, dont l'efficacité contre les attaques n'a pas pu être démontrée jusqu'à présent. Ainsi, la zone verte ultra protégée du centre de Bagdad, qui abrite notamment l'ambassade américaine et de nombreux ministères irakiens, est délimitée par des murs en béton et surveillé par des gardes armés. Ce qui ne l'empêche pas d'être la cible quotidiennes d'attaques au mortier. Et, le 12 avril, un kamikaze s'est fait exploser dans la cafétéria du Parlement, au cœur même de cette zone.

Source : LEMONDE.FR | 21.04.07
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Publié dans Politique mondiale

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