La candidate socialiste confiante pour le premier tour

Publié le par Resistencia

À Toulouse, Ségolène Royal a reçu le renfort de l’Espagnol José Luis Zapatero.
Toulouse (Haute-Garonne), envoyé spécial.

« Toulouse a battu Bordeaux. » Avec plus de 20 000 personnes, le dernier meeting de Ségolène Royal avant le premier tour a battu les records d’affluence. À signaler : beaucoup de jeunes dans cette ville « rose » qui affichait jeudi soir sa couleur. Ambiance à la hauteur de l’histoire de cette présidentielle vue du côté d’une candidate qui, à défaut d’avoir su créer une dynamique d’adhésion à son « pacte », se satisfera, dimanche prochain, d’être quasi à coup sûr qualifiée pour un second tour où désormais tout est possible face à l’un des deux candidats de la droite sortante (Ne faudrait-il pas éviter de retomber dans les mêmes erreurs qu'en 2002???). Restera la gagne le 6 mai : cette histoire-là n’est pas écrite. D’où l’impact de la présence plus que symbolique, au Parc des expositions, de Danièle Mitterrand, la veuve du seul président de gauche de la Ve République, qui rechigne d’ordinaire à toute prestation publique. Si Toulouse n’avait pas été choisie au hasard (Lionel Jospin, dont l’ancien fief de Sainte-Gabelle, jouxte la capitale de l’Occitanie, en avait fait le rendez-vous de fin de campagne dès 1995), c’est pourtant la proximité géographique et les liens historiques politiques avec l’Espagne républicaine et la solidarité politique qui continuent à structurer bon nombre de comportements politiques en Haute-Garonne, qui étaient convoqués avant-hier : le chef du gouvernement socialiste, José Luis Zapatero, avait fait le déplacement pour soutenir la candidate socialiste française, dans l’une des régions où les « immigrés politiques », à l’issue de la victoire du franquisme allié au fascisme hitlérien et mussolinien, devaient trouver refuge. Ni Zapatero ni la « Zapatera » (selon le surnom attribué à Ségolène Royal dès sa victoire aux élections régionales de 2004) n’évoqueront la non-intervention contrainte du gouvernement Léon Blum laissant le peuple républicain espagnol seul face au péril. Le chef du gouvernement espagnol se limitera à faire valoir les valeurs socialistes de Ségolène Royal, invitant ce faisant à comprendre que l’élection de celle-ci créerait un rapport de forces en Europe plus fort contre l’offensive du capitalisme, sans entrer toutefois dans les détails, parlant de façon elliptique de « l’Europe sociale active ».

Il revenait auparavant à François Hollande, visiblement exténué, de jouer les vedettes américaines, accueilli sous un tonnerre d’applaudissements, si bien que l’on ne saura pas qui, des uns ou des autres, aura eu la faveur des sympathisants. On retiendra de son discours, outre les attaques contre les deux candidats de la droite gouvernementale (François Bayrou étant, de son point de vue, missionné par la droite pour empêcher la présence de la gauche au second tour), un signal d’apaisement (que certains interpréteront comme un ultime piège du vote utile) à l’encontre des autres candidats de la gauche. À quelques heures du premier tour, le patron du PS soulignera en effet que les scores de ceux-ci ne préjugeront en rien du rapport des forces réel. Selon lui, « l’élection présidentielle n’est pas un message ou un grand forum, mais consiste à décider ensemble le nom, le visage et la politique du prochain président », l’influence des uns et des autres partis, prétend-il, n’étant pas mesuré à cette aune. Ségolène Royal, à l’évidence confiante dans les résultats de premier tour (quand François Hollande avait pourtant évoqué, dans une répartition des tâches bien établie, son « mélange d’inquiétude et d’espérance », appelant « au vote cohérent, clair et utile »), lancera un appel aux hésitants : « Aidez-moi, portez-moi », a-t-elle demandé, se référant « aux valeurs humaines contre celles de la finance ou de la Bourse », s’engageant à « réformer la France sans la brutaliser », à « reconstruire les solidarités », à remplacer « la loi du plus fort par la loi du plus juste », et tous les désordres injustes par un ordre juste », avant de rappeler son pacte en faveur de « la valeur travail », notamment par l’amélioration du pouvoir d’achat et des salaires, ou la sécurité sociale professionnelle. Juste avant de citer Aragon : « Un jour viendra, couleur d’orange... » Et juste avant de se citer elle-même : « La plus forte des voix, c’est celle du peuple. »


Source : l'Humanité - Dominique Bègles
Edition du 21 avril 2007

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Publié dans Politique en France

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