Pour la directrice de l’école Rampal, ni poursuite... ni soutien ministériel

Publié le par Resistencia

L’appel à la grève est maintenue aujourd’hui, pour protester contre le silence de Gilles de Robien et exiger la fin des arrestations aux abords des écoles.

La directrice de l’école maternelle Rampal, Valérie Boukobza, ne fera l’objet d’« aucune poursuite », administrative ou judiciaire. L’information a été confirmée, hier, par son avocat, William Bourdon, une semaine après son placement en garde à vue, à la suite de l’arrestation d’un sans-papiers, non loin de son établissement. Les organisations syndicales qui appelaient, avec les parents d’élèves FCPE, les lycéens de la FIDL et RESF, à une grève aujourd’hui et à un rassemblement à 14 heures, au métro Sèvres-Babylone, se sont félicitées, hier, de la « levée des poursuites ». Mais ont également décidé de maintenir leur mouvement, pour protester contre les tentatives d’intimidation du recteur de Paris, Maurice Quenet, le silence assourdissant de Gilles de Robien dans cette affaire, et exiger que « plus aucune arrestation n’ait lieu aux abords des écoles ».

« Nous sommes soulagés que la justice et les autorités administratives soient revenues à la raison, indiquait hier Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU. Cela prouve que le placement en garde à vue, pendant sept heures, de notre collègue était une mesure totalement disproportionnée par rapport à son attitude légitime. » Et les enseignants de fustiger « l’absence totale de soutien exprimé depuis par le ministre de l’Éducation » envers Valérie Boukobza. En effet, selon la loi de 1983 sur les droits et obligations des fonctionnaires, lorsque l’un d’eux est mis en cause, il doit bénéficier de la « protection » des autorités dont il dépend. « C’est un soutien juridique normal, qui ne présume pas, au final, de la culpabilité de la personne mise en cause », rappelle Gilles Moindrot, qui cite en exemple le cas du préfet Bonnet, soutenu financièrement, au moment de l’affaire des paillotes en Corse, par le ministère de la Défense.

Rien de tout ça dans le cas de la directrice de l’école Rampal, qui, selon le ministère, était « en dehors de ses fonctions de directrice d’école », les faits s’étant déroulés à l’extérieur de l’enceinte scolaire et après les horaires de classe. Un argument fallacieux, déjà dénoncé par les organisations syndicales. Qui iront vérifier aujourd’hui, rue de Grenelle, s’il y a toujours un pilote dans l’avion ministériel.


Source : l'Humanité - Alexandre Fache
Edition du 30 mars 2007

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Publié dans Politique en France

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