Le fret SNCF menacé

Publié le par Resistencia

Transport. L’activité accuse une perte de 260 millions d’euros pour l’exercice 2006. Sa viabilité est en cause.

Rien ne va plus pour le fret SNCF. Le conseil d’administration de l’entreprise publique qui s’est réuni avant-hier a reconnu une perte située entre 250 et 260 millions d’euros pour l’exercice 2006. Selon une source citée par l’AFP, celle-ci nette pourrait même être beaucoup plus conséquente. L’application des nouvelles normes comptables internationales pourrait porter le déficit de l’activité à 900 milliards d’euros. Plus inquiétant encore, l’évolution du chiffre d’affaires entre 2005 et 2006 est particulièrement négative, passant de 1,9 milliard d’euros à 1,7 milliard. Dans un communiqué, la SNCF reconnaît que, « la viabilité économique de l’activité est en cause ». L’entreprise donne ainsi implicitement raison aux organisations syndicales qui depuis plusieurs mois alertent sur la situation du fret. Celle-ci figurait d’ailleurs au nombre des principaux mots d’ordres de la manifestation nationale organisée par la CGT, FO, la CFDT, SUD Rail, la CFE-CGC, la CFTC et la FGAAC et qui a rassemblé 40 000 cheminots le 8 février dernier à Paris.

La concurrence est la principale raison avancée par la direction de la SNCF pour expliquer la chute de l’activité fret. Dans « le programme d’actions » adopté par le Conseil d’administration, les dirigeants de l’entreprise publique notent que celle-ci « modifie fortement les conditions du marché sur les prix, la relation commerciale et la qualité du service rendu ». Reste que depuis 2003, date de l’entrée en vigueur de la libéralisation, les entreprises concurrentes de la société nationale n’auraient réussi qu’à capter 1 % des trafics. En désaccord avec la direction, les syndicats attribuent la dégradation des résultats de fret SNCF au contenu du plan de redressement de l’activité (2004-2006).

Ce plan qui prévoyait la « réduction des capacités » de fret SNCF et qui correspond à près de 40 % des 16 000 suppressions d’emplois cheminots depuis 2002, a abouti, selon les syndicats, à dégrader l’outil de production. Les organisations accusent la direction de poursuivre ainsi une politique de marge plutôt qu’une politique de volume. Le programme d’action qui a été retenu avant-hier par le CA de la SNCF n’a pas reçu l’approbation de la CGT. Dans un communiqué la principale organisation syndicale de cheminots a dénoncé « une nouvelle réorganisation qui n’est pas de nature à redresser l’activité ». Elle s’oppose particulièrement à « l’objectif de 25 % d’amélioration de la productivité » synonyme selon elle de nouvelles suppressions d’emplois et d’une nouvelle dégradation de la qualité de service. La fédération qui exige « un grand débat national sur l’avenir du fret », en appelle également à l’intervention des agents. Des discussions sont d’ailleurs en cours pour une nouvelle action nationale après les échéances électorales.


Source : l'Humanité - Pierre-Henri Lab
Edition du 30 mars 2007

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Publié dans Politique en France

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