Les transports en commun gratuits pour les RMistes en Ile-de-France

Publié le par Resistencia

"Quand on prend les transports, on paie son billet", a déclaré Ségolène Royal, mercredi 28 mars, au lendemain des incidents, gare du Nord, à Paris, consécutifs au contrôle d'un voyageur fraudeur. En présentant, jeudi 29 mars, la décision de rendre gratuits, à partir de samedi 31 mars, pour les RMIstes, tous les transports en commun d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région, a fait écho aux propos de la candidate socialiste. "On ne peut se contenter de dire qu'il faut être un bon citoyen. Il faut, a-t-il confié, aussi tenir compte des situations sociales des individus."

M. Huchon estime, sans "disculper" le fraudeur interpellé ni "excuser", dit-il, les violences, que, "dans un contexte de tensions, la gratuité pour les RMistes doit permettre de calmer les esprits et de faire baisser la fraude". La RATP estime à 80 millions d'euros, chaque année, le manque à gagner du fait de la fraude, soit le prix de 30 rames de métro neuves. "Ceux qui fraudent sont d'abord ceux qui sont dans la mouise, poursuit M. Huchon. La gratuité, ce n'est pas de l'assistanat. C'est la volonté de lever les obstacles à la mobilité des plus précaires." Votée en juin, la mesure concerne les 110 000 RMistes franciliens. Elle est étendue à leurs enfants et leur conjoint. Soit, au total, 350 000 personnes.

Animatrice à l'association d'insertion Aurore dans le 13e arrondissement de Paris, Zina Copetti salue cette décision : "Quand on perçoit à peine plus de 387 euros par mois au titre du RMI, on n'a guère d'autre alternative que de frauder. Devoir payer en moyenne 30 euros par semaine pour se déplacer, c'est impossible", dit-elle.

Didier Rieux, 47 ans, RMiste depuis trois ans, fait partie de ces fraudeurs "malgré (eux)" : "A chaque contrôle, en plus de l'amende, c'est l'estime de soi qui en prend un coup, face au regard des autres", confie-t-il. "Je regrette de n'être jamais tombé sur un contrôleur qui accepte de fermer les yeux, raconte-t-il. Je me suis toujours vu coller une amende. Du coup, quand un agent de la RATP se fait agresser, on n'a pas spontanément envie de lui porter secours."

Les autres titulaires de minimas sociaux continueront à bénéficier d'une prise en charge à 75 % de leur titre de transport, en vigueur depuis octobre 2006. Le coût global de ces exonérations est estimé à 87 millions d'euros, par an. Payés par la région.

Source : LE MONDE | 30.03.07

Publicité

Publié dans Politique en France

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article