Somalie - Combats à la périphérie de Mogadiscio

Publié le par Resistencia

L'alliance de chefs de guerre somaliens soutenue par les Etats-Unis a attaqué jeudi une base des milices des tribunaux islamiques à la sortie nord de Mogadiscio, faisant trois tués, après avoir perdu la veille une position clé dans la bataille pour le contrôle de la capitale.

Les combattants de l'alliance ont lancé une offensive contre les miliciens des tribunaux dans le village d'El Arfid, à la périphérie nord de la capitale somalienne, selon des habitants.

Au total, les deux camps ont engagé dans les combats plus de 500 miliciens, équipés de dizaines de véhicules armés de mitrailleuses, et les villageois ont fui la zone, selon des témoins.

"Les combats ont commencé dans les zones d'El Arfid et de Dermoley", a déclaré à l'AFP à la mi-journée Moalim Ashi, chef coutumier dans la ville voisine de Balad, à environ 30 km au nord de Mogadiscio.

"Au moins trois personnes ont été tuées et sept blessées", a déclaré à l'AFP Abdi Ibrahim, médecin à l'hôpital Al-Hikma situé au nord de Mogadiscio.

Les forces de l'alliance ont reçu des renforts venus de Jowhar (90 km au nord de Mogadiscio), selon des habitants.

Le début des combats a interrompu tout trafic routier entre Mogadiscio et Jowhar, selon des témoins.

Malgré les affirmations de plusieurs témoins, les tribunaux islamiques ont nié être impliqués dans ces affrontements. "Nous ne sommes impliqués d'aucune manière dans les violences à Balad ou dans ses environs. Les violences là-bas semblent lier à une dispute interne aux personnes habitant" cette région, a affirmé à l'AFP un responsable des tribunaux sous couvert d'anonymat.

Les cours islamiques ont appelé jeudi à la tenue d'une manifestation anti-américaine vendredi à Mogadiscio. "Rassemblons-nous après la prière du vendredi et soutenons les tribunaux dans leurs efforts pour pacifier la capitale somalienne et dénoncer le visage horrible des Etats-Unis et d'autres forces sataniques", a lancé un chef religieux dans un haut-parleur, en sillonnant en mini-bus les rues de Mogadiscio.

Dans la capitale somalienne, quelques tirs sporadiques ont été entendus jeudi matin dans le quartier de Sukahola (nord-est), enjeu des combats de mercredi, mais la ville était "relativement calme" même si des miliciens étaient toujours sur les lignes de front, selon les résidents.

Les combattants des tribunaux ont attaqué et pris mercredi une position-clé de l'alliance des chefs de guerre à Sukahola, dans le but de couper une ligne d'approvisionnement de leurs adversaires reliant Mogadiscio à Jowhar.

Depuis la semaine dernière, les combats ont fait au moins 78 morts dans la capitale, selon un dernier bilan établi jeudi auprès d'habitants et de sources hospitalières.

Depuis la création en février de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), qui regroupe des chefs de guerre soutenus financièrement par les Etats-Unis et qui combat la montée en puissance des tribunaux islamiques, les affrontements entre les deux groupes dans les rues de Mogadiscio et ses environs ont fait au moins 316 morts.

Selon un rapport d'experts de l'Onu datant du 10 mai, les tribunaux islamiques - qui ont déclaré la "guerre sainte" aux chefs de guerre et sont soupçonnés par les services secrets occidentaux d'abriter des extrémistes musulmans - ont pris l'avantage sur l'ARPCT et contrôlent environ 80% de la capitale.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l'Afrique, est en guerre civile depuis 1991. Son gouvernement, mis en place en 2004, se montre incapable de rétablir l'ordre et assiste impuissant aux combats dans la capitale.

Source :
jeuneafrique
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Publié dans Politique mondiale

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