Burundi - Un journaliste arrêté pour avoir critiqué le régime

Publié le par Resistencia

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), organisme de surveillance de la liberté de la presse basé à New York, a condamné la mise en détention d'un journaliste burundais qui avait critiqué le gouvernement du président Pierre Nkurunziza.

Aloys Kabura, correspondant de l'Agence burundaise de presse (ABP), a été arrêté dans la soirée de mercredi pour avoir tenu en public des "propos diffamatoires" envers les institutions de l'Etat, a rapporté la presse internationale citant un procureur local.

Selon le CPJ, qui a repris l'information, M. Kabura a été arrêté dans la province de Kayanza (nord) et transféré dans une prison de la province de Ngozi. Il n'est pas encore comparu devant un tribunal.

Il a déclaré à la presse avoir été arrêté après avoir critiqué la police pour le passage à tabac de journalistes qui refusaient de lui remettre les enregistrements d'une conférence de presse accordée le 17 avril par un ancien membre du parti au pouvoir, exclu de cette formation.

Le CPJ a par ailleurs souligné que la police avait déjà arrêté M. Kabura pour une journée en mars dernier, après qu'il eut effetué, pour la radio nationale, un reportage sur un présumé scandale de corruption.

"Il est alarmant de voir le gouvernement du Burundi verser dans l'autocratie et les abus qui prévalaient avant son élection", a déclaré la directrice exécutive du CPJ, Ann Cooper, appelant le président Pierre Nkurunziza à s'assurer qu'Aloys Kabura soit libéré immédiatement et sans conditions et que les services de sécurité arrêtent de harceler les journalistes.

"Le gouvernement doit aussi dépénaliser d'urgence le délit de diffamation afin de garantir que les journalistes et les citoyens privés ne seront pas détenus arbitrairement sur la base d'accusations ridicules", a-t-elle encore indiqué.

L'ancien dirigeant rebelle Nkurunziza et son parti, le CNDD-FDD, sont arrivés au pouvoir l'année dernière à la faveur des premières élections démocratiques organisées au Burundi depuis plus d'une décennie et qui ont marqué l'émergence de ce pays d'une longue guerre civile -qui ne s'est pas encore tout à fait éteinte.

Les relations entre les autorités et la presse semblaient s'être améliorées après ces élections, mais elles se sont dégradées ces derniers mois, selon des sources proches du CPJ.

De hauts responsables du gouvernement et du parti au pouvoir ont accusé publiquement la presse de devenir "une autre opposition politique", après que des journalistes ont entrepris de dénoncer la corruption et la mauvaise gestion présumées de l'administration.

Source :
jeuneafrique
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Publié dans Politique mondiale

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