Somalie - Au moins 70 morts depuis le début des combats entre milices
"Dix-sept personnes ont été tuées dans la nuit, principalement par des obus de mortiers dans les quartiers de Huriwa, Yaqshid, Waharaade et Sisi", a déclaré à l'AFP un activiste somalien pour la paix, Ahmed Idriss.
Des milliers de civils ont par ailleurs fui leur domicile, alors que les combats à la mitrailleuse, à la roquette et au mortier se poursuivaient jeudi matin.
Les affrontements opposent les miliciens des tribunaux islamistes et les hommes armés de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), soutenue par les Etats-Unis.
"Sept personnes ont été tuées à Huriwa quand un obus de mortier a frappé leur maison, et dix autres ont été tuées à Yaqshid, Waharaade et Sisi", a ajouté M. Idriss, précisant qu'au moins 36 personnes avaient aussi été blessées et transportées dans des hôpitaux.
Selon les médias de Mogadiscio, le bilan de la nuit de mercredi à jeudi pourrait être supérieur à 20 morts.
Depuis le début des combats dimanche, déclenchés visiblement par une tentative d'assassinat contre un chef de l'ARPCT, Nur Dukhle, au moins 70 personnes ont été tuées et 200 blessées, selon un bilan compilé par l'AFP à partir d'informations obtenues auprès de témoins et de médecins.
Selon un habitant de Waharaade, Mukhtar Aden, au moins 70% des habitants des quartiers où se battent les miliciens ont fui.
Il s'agit des pires affrontements entre les deux groupes qui se sont déjà battus à deux reprises depuis février à Mogadiscio: en février, au moins 38 personnes avaient été tuées, et 47 en mars.
Il existe une lutte d'influence dans la capitale somalienne entre tribunaux islamiques et ARPCT qui se battent pour le contrôle de quartiers. Les miliciens islamistes sont en train de prendre le dessus face à l'ARPCT et contrôlent désormais près de 80% de Mogadiscio, selon un rapport d'un groupe d'experts des Nations unies publié mercredi.
La Somalie, pays pauvre de la Corne de l'Afrique, est livrée au chaos depuis le début de la guerre civile en 1991, qui a fait entre 300.000 et 500.000 morts. Les combats de cette semaine sont parmi les plus meurtriers depuis le début du conflit.
Des institutions politiques de transition (président, Premier ministre, Parlement), mises en place il y a un an et demi, sont divisées et s'avèrent incapables de rétablir l'ordre.
Source : jeuneafrique.com