Malgré l’embargo, Dieudonné triomphe au Sénat

Publié le par Resistencia

Lorsqu’à 11h45, Dieudonné gare son bolide gris métallisé, il ne sait pas encore que la horde de policier est là, pas pour protéger le chef de l’Etat, mais bien sûr, pour lui interdire l’accès au Sénat. Maison du peuple qui ostracise un citoyen ? Et pour quelle cause ? Ubuesque ! Les forces de l’ordre sont-elles devenues les forces du désordre ? Au nom de quel principe républicain peut-on accepter cette humiliation supplémentaire ? Même des énergumènes avec des casiers judiciaires conséquents étaient de la partie. Malgré l’insistance de l’écrivaine Maryse Condé, déboussolée par ce spectacle hideux.

Dieudonné demanda ensuite, calmement, la permission de se mettre juste près des grilles de protection. Refus alambiqué. Comme d’habitude, avec son calme olympien l’enfant terrible du showbiz, boucha ses oreilles pour ne pas entendre ce qui ressemblait à « sale nègre ». Finalement, avec diplomatie, il put se glisser avec son état major dans cette forteresse érigée par des organisateurs mal inspirés. Basket de toile beige aux pieds, jeans noir, blouson noir, la coupe Afro et les cheveux hirsutes comme ultime provocation, l’artiste engagé se positionna à quelques encablures de l’assistance.

Il est 12h10 lorsque le chef de l’Etat arpente l’allée de sable bleu du sénat, accompagné du premier Ministre, de deux Ministres et des Présidents des deux Chambres. Après les salutations d’usage, l’acteur Jacques Martial déclame un extrait du « Cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire. Avec une maestria unique en son genre, l’acteur mêle son jeu scénique, avec une diction impeccable...Grandiose ! La fête s’annonçait sous de bons auspices.

Le chef de l’Etat prend la parole, il félicite le prodigieux Jacques Martial, sans oublier de mentionner le punch de Césaire. Il dit son discours percutant et sincère, avant de se fondre dans la foule, pour ses habituelles poignées de main interminable et chaleureuses. Je salue tour à tour Bertrand Delanöe, Jean-Louis Debré et enfin au forceps et avec plaisir, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, François Baroin et enfin Renaud Donnedieu de Vabres, avant de retrouver le banni de la journée le talentueux Dieudonné. C’est là que ça se passe !

Encerclé par un chapelet de policiers en civil, talkie-walkie à la main, pistolet en bandoulière et gilets pare- balles, troublés par l’assaut donné par des fans, un contact nous signale et nous montre Claude Chirac qui apparemment demande que Dieudonné ne se rapproche pas du chef de l’Etat. Distinctement, on entend les agacements des policiers qui ne peuvent empêcher ce bain de foule autour de Dieudonné. Journalistes, sportifs, artistes et anonymes accourent pour lui serrer la main. Quoi de plus normal lorsqu’on sait que la mise au devant de la scène de la sempiternelle « question noire » n’est autre que l’œuvre de l’humoriste.

De Jean Marc Mormeck à Marie-José Perec, en passant par Stomy Bugsy ou encore Christine Taubira, tout le monde ou presque voulait faire une photo ou saluer Dieudonné. Les pseudo leaders Noirs et autres baltringues sont dans leurs petits souliers. La mine patibulaire, des sourires de circonstances ne cachent pas leur désarroi à la vue du rebelle breton, que dis-je ? Du rebelle Français. Le temps que le Président s’éloigne, Dieudonné retrouve sa liberté de mouvement, toujours encadré par un cordon de policiers en civile. Comme il est dangereux ce « petit » Dieudonné Mbala Mbala ! Mais pour qui donc ? La République ou certains caciques ?

Ceux qui chantaient à cor et à cri qu’ils sont solidaires des Noirs sont aux abonnés absents. Certains se précipitent dans les salons pour des petits-fours. La fête est belle pourtant. Dieudonné hausse les épaules et savoure. Il a néanmoins le triomphe modeste. Sa présence est encore un cuisant échec pour ceux qui parle de Patrie et choisissent de diaboliser un homme, un humaniste. Noirs, Blancs et Arabes, unis dans le même combat patriotique congratulent Dieudonné. Ici et là, on entendait des « Dieudonné est mon sang ! » ; « Ton combat est juste ! » ; « Tu gagneras ! » ; « Il ne faut rien lâcher ! »... « Dieudonné Président ! »...

Après un bain de foule chiraquien...pardon dieudonnesque, toujours très surveillé ou protégé c’est selon, surtout à cause de certains extrémistes, Dieudonné foule à son tour l’allée de sable bleu, pour enfin prendre congé de cette foule bigarrée, acquise à sa cause. Les forces de police l’accompagnent jusqu’à la sortie des Jardins du Luxembourg, en nous saluant et en nous remerciant chaleureusement. Ainsi va Dieudonné l’imperturbable. Le chien aboie, la caravane passe ! Il a sauvé la morosité de cette commémoration.

Allain Jules Menye.

Lien direct fichier pour la video CLIC ICI

Source : lesogres.org

Publicité

Publié dans Politique en France

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article