Casse sociale à France Télécom

Publié le par Resistencia

Mobilisation . Alors que les actionnaires se réunissaient hier, la CGT et SUD ont dénoncé les suppressions d’emplois et les restructurations dans le groupe.

À l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires de France Télécom qui se réunissait hier à Paris, les syndicats CGT et SUD ont manifesté leur opposition aux choix économiques de la direction du groupe, entraînant suppressions d’emplois et souffrance grandissante au travail. Comme l’an dernier, « la direction a décidé de reverser 3 milliards d’euros aux actionnaires en 2007, soit la moitié du cash flow (flux de trésorerie - NDLR), ce qui représente le meilleur rendement par action de toutes les entreprises du CAC 40 », a dénoncé Joëlle Roeye, déléguée syndicale centrale CGT de France Télécom, lors d’une conférence de presse où le syndicat a fait le point sur les réductions d’effectifs permettant d’obtenir ces dividendes juteux pour les actionnaires. Alors que la direction a prévu 22 000 suppressions de postes sur 2006-2008, la CGT a précisé que 9 361 ont déjà été réalisées en 2006, dont 7 886 en France, soit 49 % des objectifs.

« On assiste en ce moment à un mouvement de fermetures de sites techniques et commerciaux, dans le cadre d’une concentration des activités dans les grandes métropoles », pointe de son côté Daniel Bertho de SUD - PTT, syndicat qui a organisé une distribution de tracts à l’AG des actionnaires. Des fermetures qui entraînent des mobilités forcées pour les salariés. « Tous les salariés de France Télécom sont aujourd’hui concernés par des restructurations, les obligeant à aller travailler jusqu’à 150 à 200 kilomètres de chez eux », déplore Colette Duynslaeger, secrétaire générale de la fédération CGT des activités postales. La CGT a fait état cependant d’un certain nombre de mobilisations locales, en lien avec les usagers ou les élus locaux, pour s’opposer à la fermeture de sites, comme à Alès dans le Gard, Nougaroulet dans le Gers, ou Mortagne dans l’Orne.

Les suppressions d’emplois, conjuguées à un redéploiement des personnels techniques vers les fonctions commerciales, provoquent une baisse de la qualité du service, a également souligné la CGT, qui cite un allongement des délais d’ouverture de ligne (parfois jusqu’à quinze jours) avec des rendez-vous payants, et des délais de dépannage. « Faute d’effectifs, France Télécom confie de plus en plus ces tâches techniques à des sous-traitants qui connaissent beaucoup moins le métier et les secteurs d’intervention, et qui emploient souvent des intérimaires peu formés, ce qui entraîne des dysfonctionnements », a expliqué Michel Jannin, élu CGT au CCE.

La semaine prochaine, les salariés auront l’occasion d’exprimer leur ras-le-bol puisque les six syndicats du groupe (CGT, SUD, CFDT, CGC, FO, CFTC) appellent le 31 mai à une journée d’action pour le maintien de l’emploi, l’arrêt des mobilités forcées, et l’ouverture de négociations sur le pouvoir d’achat et les conditions de travail. Pour la première fois dans l’histoire du groupe, il s’agit d’une mobilisation mondiale, avec la participation des syndicats de pays où France Télécom est implanté comme le Cameroun, le Sénégal, la Pologne, le Brésil.

Source : l'Humanité - Fanny Doumayrou
Edition du 22 mai 2007

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Publié dans Politique en France

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