Etats-Unis - La justice américaine s’en prend à Michael Moore

Publié le par Resistencia

washington . Pour son documentaire sur le système de santé, le réalisateur s’est rendu à Cuba, bravant l’embargo imposé depuis quarante-cinq ans.

Cette fois, le scandale aura précédé jusqu’à l’avant-première de son film, prévue demain à l’occasion du Festival de Cannes. Michael Moore a été contraint de placer une copie de son dernier film, intitulé Sicko, en lieu sûr, « dans un endroit secret en dehors des États-Unis ». La raison : le réalisateur fait l’objet d’une enquête civile pour une possible violation de l’embargo instauré contre Cuba depuis plus de quarante-cinq ans, qui interdit aux citoyens américains de dépenser de l’argent à Cuba - et par conséquent d’y séjourner. Pour les besoins de son film, le documentariste a en effet emmené en février dernier à Cuba une dizaine de secouristes qui souffrent de troubles respiratoires chroniques depuis leur intervention sur le site des attentats du 11 septembre 2001 à New York, afin qu’ils y soient soignés. Une façon de pointer combien la nation américaine manque à ses devoirs, en n’offrant pas de soins adéquats à ses « héros » du 11 septembre, faute d’un système de santé qui puisse les prendre en charge.

Après s’être attaqué au marché des armes dans Bowling for Columbine puis à George W. Bush dans Fahrenheit 9-11, palme d’or à Cannes en 2004, le documentariste a cette fois pris pour cible les défaillances du système de santé américain. « La date à laquelle la lettre a été envoyée par le Trésor n’est pas une coïncidence et elle suggère que l’administration Bush tente activement de discréditer le film », assure le producteur Harvey Weinsten. « Sicko montre les groupes qui placent le profit avant la santé et les politiciens qui ne se soucient que de l’argent. Notre système de santé est détruit et trop souvent meurtrier », explique de son côté un autre producteur, Meghan O’Hara, dans un communiqué dans lequel il précise que les « efforts de l’administration Bush pour mener une enquête - dont les motivations sont politiques - sur Michael Moore et Sicko ne nous empêcheront pas de nous assurer que le peuple américain voie ce film. »

On estime entre vingt et trente mille le nombre d’Américains qui voyagent illégalement à Cuba chaque année, mais seulement mille d’entre eux font l’objet de poursuites. Plus médiatiques que d’autres, celles dont fait l’objet Michael Moore lui offre une campagne de publicité inédite.

Source : l'Humanité - A. R
Edition du 18 mai 2007

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Publié dans Politique mondiale

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