Rien de nouveau sous le soleil

Publié le par Resistencia

NICOLAS Sarkozy a réaffirmé son engagement d’augmenter le pouvoir d’achat des français, de créer des emplois et d’engager la lutte contre le changement climatique. A peine connus les résultats qui l’ont donné vainqueur avec 53% des voix, il a fait d’autres déclarations aussi bien d’ordre national qu’international au-delà même de ce que l’on attendait.

Le représentant de l’Union pour un Mouvement populaire, par exemple, a émis un message à ses voisins du Vieux continent où il déclare qu’il croit « avec sincérité dans la reconstruction de l’Europe». Il faisait allusion à la Constitution européenne dont le non des français au referendum a freiné sa mise en œuvre.

Un autre message de celui qui sera le 6e président de la Ve République française à partir du 16 mai, au terme du mandat de Jacques Chirac, a été adressée aux «amis nord-américains», qu’il a exhorté «à prendre la tête de la lutte contre le changement climatique», ajoutant qu’ils «peuvent compter sur notre amitié dans la tragédie de l’histoire que nous affronterons ensemble» . «Mais je leur dis aussi que l’amitié n’empêche pas d’avoir des idées différentes», a-t-il ajouté, se rappelant sans doute que sa formation politique était l’héritière de la pensée de Charles de Gaulle, qui a souffert durant l’époque de la Résistance au nazisme du comportement tortueux et égocentrique de ses alliés.

Malgré le fait que ce représentant du conservatisme français ait pris des positions discutables concernant l’émigration (certains l’accusent de xénophobie), condamnées par divers secteurs sociaux, il a déclaré: «Il faut en finir avec les haines, il faut avoir un rêve de paix». « Le moment est arrivé de lutter ensemble pour une union méditerranéenne entre l’Europe et l’Afrique», un continent auquel il a adressé «un appel fraternel» pour promettre que «nous voulons les aider pour en finir avec les maladies, la pauvreté, pour décider ensemble une politique d’émigration réglementée et de développement durable».

Ces éléments qui peuvent susciter certaines espérances parmi les chômeurs, ceux qui n’ont pas de logements, les populations concentrées dans les banlieues des grandes villes sans espoir de changement et, de façon générale, les défavorisés qui sont la majorité, suscitent en outre l’intérêt de ceux qui, septiques, se demandent si, comme souvent, les déclarations du tout nouveau président reposent sur des intentions réelles ou sont seulement des paroles en l’air.

Deux moments proches et cruciaux sont à venir. La formation du nouveau gouvernement, lors de l’entrée en fonctions de Sarkozy, et les élections législatives des 10 et 17 juin prochains. Plusieurs personnalités «rêvent» de devenir premier ministre, mais les regards des hommes politiques et surtout ceux d’une population inquiète, sont tournés vers ce qui pourrait se passer dans à peine un mois, car la facilité avec laquelle Sarkozy pourra mettre en œuvre son plan dépendra du nombre de sièges que son parti obtiendra à l’Assemblée. Cela dépendra aussi des partis de gauche qui devront se refaire une santé et s’unir s’ils veulent peser sur les politiques controversées qui seront entreprises en France.

C’est pourquoi la candidate socialiste Ségolène Royal (17 millions d’électeurs ont voté pour elle), après avoir reconnu sa défaite et sans perdre de temps, car le temps presse, à appelé ses partisans à participer activement aux prochaines élections législatives. «Il faut maintenir intact l’énergie du mouvement populaire qui m’a accompagnée durant toute cette campagne», pour obtenir «de nouvelles victoires» a-t-elle affirmé.

De son côté, François Bayrou, le centriste qui a été écarté du second tour des présidentielles, prépare la formation d’un nouveau parti en vue des prochaines élections législatives pour «rééquilibrer le pouvoir», comme il l’affirme, car il considère qu’il n’est pas sain de laisser «le pouvoir absolu» à Sarkozy. Environ 66% des sondés désirent que Bayrou fasse parti du nouveau gouvernement, quelque soit sa couleur politique. Ils aimeraient aussi que Royal fasse parti aussi du nouveau gouvernement.

La première conclusion à tirer est que beaucoup de questions restent en suspens et que le respect des promesses dépendra de la suite des événements.

Source : granma.cu
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Publié dans Politique mondiale

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