Italie - Polémique autour de l'extradition de l'ex-activiste Cesare Battisti

Publié le par Resistencia

La demande d'extradition de l'ex-activiste italien d'extrême gauche Cesare Battisti, formulée par le ministre italien de la justice à son homologue brésilien, a provoqué la colère des familles des victimes des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), le mouvement de Battisti. Selon le Corriere della sera du lundi 7 mai, ces dernières ont dénoncé l'allusion faite par le garde des sceaux à de possibles aménagements de peine dans des documents adressés au Brésil.

Condamné à perpétuité par contumace dans son pays pour des faits qu'il a toujours niés, Cesare Battisti, longtemps exilé en France, a été arrêté le 18 mars dans sa cavale au Brésil. Depuis se pose la question des conditions de son extradition vers l'Italie, les autorités brésiliennes ayant déjà refusé dans le passé d'extrader d'anciens activistes italiens, estimant que leurs délits étaient de nature politique.
"Le régime de la perpétuité, selon les règles en vigueur en Italie, n'implique pas que ceux qui sont condamnés à une telle peine doivent rester en prison toute leur vie", a écrit le ministre Clemente Mastella, pour soutenir sa demande officielle d'extradition adressée au Tribunal fédéral suprême (Cour suprême brésilienne), selon le Corriere della sera. Le garde des sceaux rappelait également les aménagements ou réductions de peine dont peuvent bénéficier les condamnés à vie, comme la semi-liberté ou la libération anticipée. Car la réclusion à perpétuité, à laquelle a été condamné Battisti en Italie, n'existe pas dans l'arsenal des peines au Brésil. La lettre du ministre Clemente Mastella évoquant des alternatives à la perpétuité aurait donc eu pour but d'éviter les complications avec la justice brésilienne.
 
LE MINISTRE FERMEMENT OPPOSÉ À UNE MESURE D'AMNISTIE

Mais la révélation de cette lettre a révolté plusieurs proches de victimes : "je suis amer et troublé, je ne m'attendais pas à de telles paroles de la part du ministre de la justice", a réagi Adriano Sabbadin, fils de Lino, un boucher abattu en février 1979 par les PAC. Si les assurances de Mastella "ont pour but d'obtenir l'extradition de Battisti et d'appliquer la loi sans réduction de peine, alors cela ne me pose pas de problème, mais si c'est pour le libérer après quelques années, Mastella doit démissionner", a pour sa part commenté Alberto Torregiani, dont le père, Pierluigi, a été également tué en février 1979. Les meurtres de Torregiani et de Sabbadin sont deux des quatre cas qui ont valu à Battisti d'être condamné à perpétuité en 1993 en Italie.

A la suite de la polémique, Alberto Torregiani a indiqué à l'agence ANSA avoir été appelé lundi matin par le ministre qui lui a assuré qu'il "ferait tout ce qui est possible" pour obtenir l'extradition de Battisti et lui a rappelé être "fermement opposé" à une mesure d'amnistie pour l'ex-leader des PAC. "Le ministre m'a présenté ses excuses et à travers moi aux familles des autres victimes pour ne pas nous avoir contacté avant d'effectuer la demande extradition." Torregiani est lui-même tétraplégique après avoir été touché par une balle perdue, le jour de ses 15 ans, dans l'embuscade qui a coûté la vie à son père adoptif.

Selon les propos de Torregiani relayés par La Repubblica, Clemente Mastella lui a expliqué sa volonté de faire avancer le dossier et de faire "payer" les responsables de ces délits avant que ce "chapitre tragique" ne soit clos.

Source : LEMONDE.FR | 07.05.07
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Publié dans Politique mondiale

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