Russie - Interpellations, brutalités policières : après Moscou, Saint-Pétersbourg
Au moment où quelque 2.000 manifestants rejoignaient le métro à la fin du rassemblement place des Pionniers, des accrochages ont opposé certains d'entre eux aux policiers déployés en aussi grand nombre, qui les ont frappés à coups de matraque, a constaté l'AFP.
Une "centaine de personnes" ont alors été interpellées, selon le service de presse de la police locale, dont l'écrivain Edouard Limonov, chef du parti national-bolchevique interdit.
"Son garde du corps a appelé pour dire que Limonov avait été arrêté. Ensuite, il y a eu un bruit et on a perdu le contact" "A la fin du meeting, on a invité les gens à partir calmement vers le métro mais les Omon se sont jetés sur eux et ont commmencé à frapper (..) Cela s'est transformé en chasse à l'homme (...) Le pouvoir ne comprend que le langage de la force", a déclaré un des organisateurs, Maxime Reznik, qui dirige l'antenne du parti libéral Iabloko à Saint-Pétersbourg, sur la radio Echo de Moscou.
Samedi, l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, un des dirigeants du mouvement d'opposition L'Autre Russie avec Edouard Limonov, avait déjà été interpellé à Moscou.
Les forces antiémeutes, les "Omon", ont alors dispersé la foule sans ménagement. Un homme, qui tentait d'échapper aux policiers en escaladant un grillage, est retombé au sol où il a été frappé à coups de pied par un l'un d'entre eux avant d'être emmené par une équipe médicale.
"Quelle honte !", criait la foule tandis qu'un homme d'une soixantaine d'années était traîné sans ménagement par des policiers et qu'une femme avait le visage en sang. Trois jeunes portant des drapeaux du parti d'Edouard Limonov ont aussi été battus.
Des bagarres se sont aussi produites un peu plus loin, près de la gare de Vitebsk, entre les "Omon" et des groupes de jeunes d'extrême gauche qui tentaient de franchir les cordons de police.
Le rassemblement lui-même s'est déroulé dans le calme.
"Non à l'arbitraire du Kremlin !", "On recherche un garant de la Constitution", "Poutine est le criminel le plus dangereux", pouvait-on lire sur les pancartes brandies.
"Le pouvoir a déclaré la guerre au peuple (...) L'opposition est déterminée à poursuivre la lutte tant qu'il ne nous rendra pas nos libertés", a lancé Edouard Limonov, aux manifestants. "Poutine, on ne t'a pas appelé, vas-t-en ! Nous exigeons des élections libres au Parlement, à la présidence sans aucun successeur désigné', a-t-il ajouté.
Samedi, plusieurs centaines de manifestants, dont Garry Kasparov, avaient été interpellés lors d'un rassemblement interdit par les autorités dans la capitale russe, avant d'être relâchés dans la soirée.
Garry Kasparov a été condamné à verser une amende d'environ 30 euros pour participation à une marche non autorisée et n'a été relâché que tard dans la soirée, ce qui l'a empêché de se rendre à la manifestation de Saint-Pétersbourg, selon son entourage.
"Ces deux derniers jours ont montré que le régime de Poutine n'accorde plus d'attention à la légalité et s'en remet à la force brutale", a déclaré l'ancien champion d'échecs, devenu une des figures de l'opposition, sur la chaîne de télévision américaine CNN.
Ces manifestations ont lieu dans un contexte politique de plus en plus tendu à huit mois des législatives (décembre 2007) et un an de la présidentielle (mars 2008) au cours de laquelle le successeur de Vladimir Poutine doit être élu.
Source : AFP