Accident de train à la gare de l'Est: 71 blessés dont 58 évacués vers des hôpitaux

Publié le par Resistencia

Un accident de train, jeudi en début de matinée gare de l'Est à Paris, a fait 71 blessés dont 58 ont été évacués vers une dizaine d'hôpitaux, le convoi ayant heurté brutalement un butoir de bout de ligne.

Le train régional, en provenance de Château-Thierry (Aisne) a heurté un tampon à 8H28, mettant en évidence un problème de freinage, l'audition du conducteur par les enquêteurs semblant écarter l'hypothèse d'une erreur humaine.

Le conducteur n'est "a priori pas en cause", a-t-on appris de source proche de l'enquête. Affirmant avoir "freiné à temps", il a mis en cause le matériel et la motrice, et celle-ci devait faire l'objet d'examens approfondis.

Cet homme "expérimenté", ayant une dizaine d'annéee d'ancienneté, est "reparti libre" dans l'après-midi sans que soit posée la question d'une éventuelle mise en examen, a indiqué à l'AFP la SNCF.

Lors de l'accident, les voyageurs ont été surpris par une secousse brutale, alors que beaucoup s'étaient déjà levés pour descendre du train. Les blessés souffrent de divers traumatismes, de petites fractures aux côtes, au genou, des nez cassés et des problèmes cervicaux, selon les secouristes.

Roger, 58 ans, parle d'un choc "brutal". "Une dame en face de moi est tombée et s'est blessée au genou", raconte-t-il. Une fois descendu il a témoigné qu'"en tête de train, il y avait des gens qui frappaient sur les vitres du conducteur et qui semblaient vouloir le lyncher".

"J'étais un peu surpris quand la SNCF a annoncé qu'il n'y avait pas de blessé", a-t-il confié à l'AFP.

Les pompiers ont en fait dénombré 71 personnes blessées, dont 58 ont été évacuées vers neuf hôpitaux. Ces blessés "ne nécessitent pas d'hospitalisation et sont, soit déjà ressortis, soit devraient l'être d'ici ce soir", a indiqué l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

La police scientifique et technique s'est rendue sur place pour examiner le bout de la voie heurtée, où l'on peut voir une poutre en bois brisée en plusieurs morceaux.

Deux enquêtes, l'une judiciaire, l'autre technique, ont été ouvertes pour déterminer les raisons de l'accident.

L'enquête judiciaire a été confiée à la 2e division de police judiciaire et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la PJ parisienne.

Dominique Perben, le ministre des transports, a demandé de son côté au Bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) "d'engager une enquête technique", deux experts s'étant rendus sur place "pour procéder aux premières constatations".

De son côté, la SNCF a fait savoir par la bouche de Thierry Migauw, directeur du transilien, réseau SNCF Ile-de-France, que "le conducteur du train n'avait pas signalé de problème technique avant" et que selon les premières constatations, le train avait heurté le bout de la voie 21 entre 5 et 7 km/h.

Le responsable de la SNCF a expliqué que le freinage d'un train fonctionne grâce à un système de contrôle de la décélération au dessus de 10 km/h tandis qu'entre 0 et 10 km/h, le freinage est manuel et que "la précision de l'arrêt dépend du conducteur".

"L'enquête devra déterminer s'il y a eu un problème du système de freinage ou si c'est la commande du freinage par le mécanicien qui n'était pas adéquate", a-t-il précisé.

Anne-Marie Rohm, du comité des usagers des Omnibus Meaux-Paris, a dénoncé les "trains bondés et conditions de voyage épouvantables" sur cette ligne ainsi que le "mauvais état du matériel", avec de "vieux trains hors d'état dont on ne nous promet le remplacement qu'en 2014".

Source : AFP

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Publié dans Politique en France

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