Strasbourg : Rassemblement à la mémoire de Elvanchelvan Rajendram
Strasbourg : Rassemblement à la mémoire de Elvanchelvan Rajendram âgé de 30 ans assassiné par des militaires de l’armée sri-lankaise mercredi 28 février 2007 à 6 heures du matin
Le rassemblement aura lieu Place Broglie, devant les marches de l'opéra, lundi 26 mars 2007 à 9 heures. La demande adressée au préfet est l'arrêt de toute expulsion vers le Sri-Lanka
Arrivé en France le 14/06/2002 pour demander l’asile, Elvanchelvan RAJENDRAM a été débouté de ses demandes successives de protection en dépit des traces de tortures marquant son corps, en dépit aussi des preuves relatives à la disparition de ses frères et à sa propre détention.Elvanchelvan est rentré au Sri-lanka le 30/08/2005 suite à un Arrêté de Reconduite à la Frontière.
A son arrivée à Colombo, il a été détenu et interrogé par les autorités du Sri-Lanka durant six heures. Il a été relâché grâce à un versement d’argent remis par son oncle.
Il a retrouvé ses parents et a décidé de reprendre le cours de ses études universitaires.
Le 25/01/2006, il a épousé une institutrice de l’école du village de Chavakathachcheri.
Ils ont vécu ensemble dans ce même village.
Ils ont eu une petite fille prénommée Kothai qui a trois mois aujourd’hui.
Le 28 février 2007, à l’aube, Elvanchelvan vêtu d’un simple saram, sortait des toilettes de sa cour. En chemin pour rentrer dans sa maison, il a été abattu par des militaires. 16 balles ont été retrouvées sur les lieux : cinq d’entre elles étaient logées dans son corps (deux dans une jambe et trois dans la poitrine). Une sixième balle tirée dans son dos l’a traversé de part en part et a perforé son coeur et ses poumons. Elvanchelvan a eu le temps d’appeler au secours. Sa femme a accouru, a posé sa tête sur ses genoux. Il a hoqueté deux fois et il a expiré. Autour se tenaient six militaires qui ont déclaré sarcastiquement que ce n’était pas eux qui l’avaient tué (ils n’avaient pas eu le temps de déposer une arme auprès de lui selon le procédé habituel leur permettant de déclarer qu’il s’agirait d’un combattant du LTTE). La police est arrivée sur les lieux et le corps a été transporté à l’hôpital. Quand les parents ont demandé la restitution du corps, ils n’ont pu l’obtenir qu’après avoir signé un document attestant que leur fils était un combattant du LTTE. Ils l’ont signé. Ils n’avaient plus rien à perdre : avec Elvanchelvan, ils viennent de perdre leur troisième et dernier fils.
« Cher fils Selvan, tu ne dois à aucun prix rentrer au pays.
On a déjà perdu ton grand frère et ton petit frère.
Toi seul nous reste et on ne veut pas te perdre.
Si cela arrivait, toute la famille sombrerait dans la maladie et la dépression.
Reste là où tu te trouves en sécurité.
Ton cher papa K. Rajendram »
Extrait d’une lettre de son père écrite en juin 2003 et « rédigée en termes convenus » selon les termes de la dernière décision de la Commission des Recours des Réfugiés.
Source : educationsansfrontieres.org
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