Palestine - Le gouvernement officiellement investi
Palestine . Les députés soutiennent le cabinet d’union nationale dont le programme prévoit un État dans les frontières de 1967. Israël appel au boycott.
Le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale a été officiellement investi samedi par le vote de confiance du Conseil législatif palestinien (CLP). Le Parlement compte 132 membres, mais 41 sont actuellement détenus en Israël. Quatre-vingt-trois députés ont voté pour l’investiture du gouvernement, trois contre - il s’agit certainement du Front populaire de libération de la Palestine, (FPLP), seule composante membre du Parlement à ne pas participer au cabinet.
Le premier ministre, Ismaïl Haniyeh, a présenté le programme de la nouvelle équipe au CLP, qui tenait séance simultanément en vidéoconférence à Gaza, dans la bande de Gaza et à Ramallah en Cisjordanie, Israël empêchant les députés de se déplacer dans les territoires. Il a précisé que le gouvernement d’unité nationale entendait instaurer un État palestinien sur les terres occupées par Israël depuis 1967, avec Jérusalem pour capitale. Il a réaffirmé le droit des Palestiniens à résister à l’occupation israélienne « sous toutes ses formes ». Il a ajouté que le nouvel exécutif rechercherait « une solution rapide » basée sur un échange de prisonniers en ce qui concerne le soldat israélien capturé en juin dans la bande de Gaza. S’agissant des accords internationaux antérieurs signés par l’OLP, le gouvernement désigné prévoit de les « respecter » et appelle à des négociations de paix avec Israël dans lesquelles il serait représenté par Mahmoud Abbas ; tout accord futur sera soumis à un référendum national, ce qui suggère que le Hamas ne disposera pas de droit de veto. Le programme appelle en outre à prolonger le cessez-le-feu avec Israël tout en « affirmant la résistance sous toutes ses formes, en particulier la résistance non violente à l’occupation ».
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a souligné devant le CLP que les Palestiniens rejetaient « la violence sous toutes ses formes » et qu’ils tendaient la main à Israël « pour parvenir à la paix dans la liberté et l’égalité ». Un appel rejeté une fois de plus par Tel-Aviv, soutenu par Washington. Le premier ministre israélien, Ehud Olmert, a demandé à la communauté internationale de maintenir le boycott du gouvernement palestinien, s’abritant une fois de plus derrière les exigences du « quartet » (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU), faisant l’amalgame entre résistance et terrorisme. Le premier ministre a seulement indiqué que les discussions avec le président Abbas seraient « surtout liées au niveau de vie de la population » palestinienne. « Le nouveau gouvernement palestinien et son programme limitent notre capacité à mener un dialogue avec la direction de l’Autorité palestinienne et limitent également l’éventail de sujets dont nous pourrons discuter dans un proche avenir », a averti Olmert. Pourtant, réagissant à la présentation du programme palestinien, le coordinateur des Nations unies pour le Moyen-Orient, Albert de Soto, a évoqué « un pas important dans la bonne direction ». La Norvège a reconnu le nouveau gouvernement palestinien dès le vote d’investiture du Parlement. Oslo va rétablir « sur cette base des relations politiques et économiques avec le gouvernement palestinien ». La France a lancé une invitation au nouveau ministre palestinien des Affaires étrangères, Ziad Abou Amr.
Source : P. B - l'Humanité
Edition du 19 mars 2007