Cheminots CGT : reprendre la main sur le service public

Publié le par Resistencia

Syndicat . Confrontés à la dégradation de leur condition sociale et la remise en cause du service public, les cheminots veulent préciser leur stratégie syndicale.

Poitiers (Vienne), envoyé spécial.

Au deuxième jour de leurs travaux, les 408 délégués au 40e congrès de la fédération CGT des cheminots ont laissé éclater leur colère. Colère contre leur condition sociale. « Dans les ateliers de Chatillon-Montrouge, les jeunes embauchés gagnent 1 070 euros par mois. Comment peuvent-ils vivre avec des loyers à 500 ou 600 euros par mois ? J’en connais qui dorment dans les rames, d’autres dans les gares. Face à ça, la direction n’a rien d’autre à leur proposer que de vivre en colocation », s’insurge Philippe. Colère aussi contre la remise en cause du service public. Fabien de Vierzon, Pascale de Nantes, Pascal de - Limoges et bien d’autres - dénoncent la dégradation du service public en matière de fret comme de transport de voyageurs, la remise en cause de dessertes ou de lignes. Ils ou elles racontent aussi les luttes qui permettent avec les comités de lignes regroupant cheminots, usagers et élus de mettre en échec la politique poursuivie par la direction de la SNCF et du gouvernement. Les cheminots ne veulent plus voir leur condition sociale, salaire en tête, se dégrader. Ils ne supportent pas de voir « le sens de leur travail dévoyé » par l’orientation libérale qui prévaut dans la gestion de l’entreprise ou dans la politique des transports.

Citant dans son rapport d’activité, l’ancien secrétaire général de la CGT, Georges Séguy, le secrétaire général de la Fédération des cheminots, Didier Le Reste, rappelle « qu’il ne s’agit pas seulement de préserver le statut du personnel d’une entreprise nationalisée mais de sauvegarder une conquête démocratique répondant aux besoins de toute une population, à la sécurité des usagers, à l’équilibre économique du pays et, plus généralement, à l’intérêt général ». Dans ce combat, les cheminots CGT estiment devoir franchir un certain nombre d’obstacles. Certains soulignent la difficulté de « confédéraliser » la mobilisation en faveur des services publics et regrettent l’insuffisance d’initiatives communes à l’ensemble des entreprises publiques. Pour combler ce retard, plusieurs intervenants relaient la proposition émise par Didier Le Reste, « d’avoir dans la CGT un débat le plus approfondi possible sur la question du service public, de ses finalités, de ses financements ». Un débat nécessaire pour mettre en oeuvre « une stratégie syndicale apte à s’opposer le plus efficacement possible à la casse des services publics pour les réorienter vers la satisfaction des besoins socio-économiques du plus grand nombre ».

Maïté Lassalle, secrétaire confédérale de la CGT, constate aussi « la difficulté de confédéraliser » la bataille des services publics. La responsable syndicale y voit la conséquence « de la division du salariat à laquelle s’est employé le capitalisme ». « Les jeunes contre les vieux, ceux du privé contre ceux du public, les usagers contre les agents du secteur public », énumère-t-elle, avant de souligner que « les usagers sont pour la plupart des salariés » à qui la CGT doit aussi s’adresser.


Source : l'Humanité - Pierre-Henri Lab
Edition du 14 mars 2007

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Publié dans Politique en France

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