Soudan - Le nombre de déplacés recensés a atteint les deux millions
"Au 1er janvier, le nombre de déplacés a atteint deux millions pour la première fois", affirme le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans un rapport sur la situation au Darfour pendant le quatrième trimestre 2006.
Il s'agit de l'indication la plus précise avancée par une agence de l'ONU sur le nombre de déplacés au Darfour, où le conflit et ses conséquences ont fait, selon une estimation généralement admise, 200 000 morts.
L'OCHA ne précise pas le nombre de victimes mais explique les déplacements de population par une "intensification des violences après la signature de l'accord de paix de mai 2005", qui n'a été accepté que par un des trois mouvements rebelles qui, de plus, se sont fragmentés en de nombreux groupes.
"Entre octobre et décembre 2006, plus de 160 000 personnes ont été déplacées", écrit l'OCHA, selon qui il y a eu au 1er janvier 2007 quelque 270 000 de déplacés de plus qu'au 1er janvier 2006.
Au 1er janvier, l'accès des agences de l'ONU aux populations affectées par le conflit était de 64%, "son niveau le plus bas depuis avril 2004", selon le rapport.
Malgré cela, le travail des humanitaires continue, mobilisant 13 200 agents nationaux et expatriés appartenant à quelque 80 ONG ainsi qu'à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge, en plus de 13 agences de l'ONU.
Les vivres arrivent à la majorité de la population à laquelle on peut accéder, la mortalité et la malnutrition restent en-deçà des "niveaux de crise" et aucun cas de poliomyélite n'a été recensé grâce à une campagne de vaccination.
Mais les humanitaires travaillent dans des conditions difficiles. Au cours du dernier trimestre de 2006, 50 de leurs véhicules ont été dérobés, 17 convois sont tombés dans des embuscades, oeuvres de "différentes factions et groupes rebelles", selon le rapport.
Pendant la même période, 509 humanitaires ont été évacués temporairement à une vingtaine d'occasions, dont 13 en décembre 2006. Six de ces évacuations ont eu lieu en raison d'attaques armées ou de violences directes.
Source : jeuneafrique.com