Clichy-sous-Bois : les familles soulagées après la mise en examen de deux policiers
Sébastien G. et Stéphanie K., âgés de 32 et 29 ans, qui avaient jusqu'à présent comparu sous le statut de témoin assisté, sont finalement poursuivis pour "non-assistance à personnes en danger". Ils seront problablement renvoyés en correctionnelle, la longueur de la procédure empêchant la tenue du procès avant l'élection présidentielle.
Cette mise en examen a été vivement critiquée par Nicolas Comte, secrétaire général du SGP (Syndicat général de la police)-FO :"Dans un contexte politique différent, mes collègues n'auraient certainement pas été mis en examen. C'est inacceptable ! La police ne doit pas être un bouc émissaire."
"S'ILS RENTRENT SUR LE SITE, JE NE DONNE PAS CHER DE LEUR PEAU"
Me Jean-Pierre Mignard, avocat des familles des victimes mais aussi proche de Ségolène Royal, a exprimé sa satisfaction lors d'une conférence de presse et mis en cause Nicolas Sarkozy. "J'ai un sentiment de reconnaissance envers la justice (...). Je pense aux enfants et à leurs familles, qui vivent un moment d'intense soulagement. La gestion de cette affaire par Nicolas Sarkozy a été calamiteuse et irresponsable", a dit l'avocat.
Interrogé par des journalistes sur la décision du juge, le ministre de l'intérieur, M. Sarkozy, a refusé de répondre jeudi, mais il avait rejeté toute responsabilité de la police le 10 décembre dernier sur France 5 : "Franchement, dans toute cette affaire bouleversante (...), faire porter la responsabilité de ces morts sur la police c'est, me semble-t-il, très injuste et très disproportionné."
Le 27 octobre 2005, poursuivis par des policiers, trois adolescents s'étaient réfugiés dans un transformateur EDF. Deux d'entre eux, Zyed Benna et Bouna Traoré, sont morts électrocutés. Le troisième a été grièvement blessé.
Les mises en examen se fondent sur des conversations radio lors du drame. L'un des policiers poursuivis déclare notamment trois fois à ses collègues avoir vu les deux jeunes gens se diriger vers le transformateur EDF et lance : "S'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau." L'autre avait reçu les alertes à la salle de contrôle. Il leur est reproché de ne pas avoir prévenu EDF pour que l'électricité soit coupée.
La hiérarchie de la police et son ministère ont refusé jusqu'ici de suspendre ces policiers.
Source : LEMONDE.FR avec Reuters | 08.02.07 | 20h41