Marie-George Buffet lance un appel aux salariés de lénergie
Besançon (Doubs), envoyé spécial.
Quand Marie-George Buffet pénètre jeudi en fin d’après-midi dans la salle du comité d’entreprise d’EDF de Besançon, la centaine de syndicalistes présents l’accueille dans un tonnerre d’applaudissements. Comme le rappelle Christophe Lime, tout le monde ici a en tête la mobilisation contre la privatisation de GDF. « Tu remercieras et tu salueras de notre part l’ensemble des députés et des sénateurs communistes de leur engagement à nos côtés dans cette bataille », lance le syndicaliste. Une bataille loin d’être terminée et que la candidate de la gauche populaire et antilibérale est venue leur proposer de poursuivre.
La capitale comtoise a en effet été choisie par Marie-George Buffet pour rendre publique son « adresse aux salariés du secteur de l’énergie ». Dans ce texte qui sera distribué dans les prochains jours aux portes des entreprises concernées, la représentante de la gauche populaire et antilibérale détaille ses propositions en matière de politique énergétique et appelle les salariés à se saisir de sa candidature pour poursuivre le combat.
Devant les agents des deux entreprises publiques, Marie-George Buffet explique sa démarche. « L’enjeu, dit-elle, est que l’énergie reste un bien commun de l’humanité. » Cet enjeu, la candidate se dit convaincue que c’est aujourd’hui qu’il se joue et qu’il faut, sans tarder, engager « ce combat exceptionnel ».
« ASSOCIER SALARIÉS ET USAGERS »
Marie-George Buffet réaffirme « son opposition totale à la remise en cause du service public ». Car celle-ci conduit à « la remise en cause du droit à l’énergie ». « Il faut s’engager à reconstruire une maîtrise publique de l’énergie. Cela passe par la renationalisation d’EDF et de GDF et par la démocratisation », explique la candidate qui se prononce en faveur « d’une cogestion » qui « associe salariés et usagers ». Elle juge également « indispensable » une réorientation de l’Europe et prévient l’assistance qu’« un candidat qui dit 100 % public mais qui ne veut pas rompre avec l’Europe libérale est un candidat qui ment ». Saluant l’action des Robins des bois, elle s’engage « à interdire les coupures » et à conforter les tarifs administrés. Elle développe sa proposition d’un « grand effort de recherche » en direction des énergies renouvelables mais également pour « développer un nucléaire sécurisé et durable ». Pour Marie-George Buffet, il faut enfin en « finir avec la mise à l’index des agents d’EDF et de GDF qui sont montrés du doigt comme des privilégiés » car « il n’y a pas de service public de qualité avec des salariés précarisés, mal payés et toujours moins nombreux ».
Cette politique qu’elle propose, la candidate dit sa conviction qu’il est possible de la mettre en oeuvre. Citant l’exemple de l’Amérique latine et les changements politiques qui y sont mis en oeuvre, elle réaffirme son rejet de la fatalité et sa conviction que « la mobilisation qui a permis le rejet du traité sur la constitution européenne et l’abandon du CPE peut ici aussi changer la donne ».
Un nouveau tonnerre d’applaudissements conclut l’intervention de Marie-George Buffet. Électriciens et gaziers qui se pressent autour de la candidate afin de lui demander des précisions sur son programme se disent satisfaits. « Ce qu’elle dit correspond à ce que nous défendons au quotidien », explique Pascal. Mais, surtout, les syndicalistes apprécient cette rencontre car « elle a rompu avec la manière dont se passe actuellement le débat politique ». À Besançon, en cette fin d’après-midi comme quelques heures auparavant devant l’entrée de l’usine Peugeot, les salariés disent leur colère et leur « ras-le-bol d’une campagne de petites phrases et d’embrouilles ».
Source : l'Huma - Pierre-Henri Lab
Edition du 3 février 2007