Georges Frêche exclu définitivement du Parti socialiste

Publié le par Resistencia

Le PS a décidé samedi, à moins de trois mois de la présidentielle, d'exclure de ses rangs l'un de ses barons, Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, reconnu coupable de dérapages verbaux à consonance raciste, qui lui ont déjà valu une condamnation en justice.

Les 33 membres de la commission des conflits du PS ont voté à l'unanimité son "exclusion définitive" pour ses propos tenus le 14 novembre sur le nombre de joueurs noirs dans l'équipe de France de football.

M. Frêche, 68 ans, avait alors regretté, devant le conseil de l'agglomération de Montpellier, que le onze tricolore compte "neuf blacks" alors que, selon lui, "la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre".

La commission des conflits a jugé que ces propos n'étaient "pas compatibles avec les valeurs d'égalité et de respect des droits humains qui sont depuis toujours les engagements du Parti socialiste".

La décision était attendue compte tenu du tollé suscité par les dérapages de M. Frêche, qui ont été condamnés tant à droite qu'à gauche et ont mis dans l'embarras Ségolène Royal, qu'il soutient publiquement.

Mme Royal, de même que le Premier secrétaire François Hollande, s'étaient dits favorables à cette sanction, rare au sein du PS pour des motifs autres que de discipline interne. Mme Royal avait réclamé dimanche son exclusion, pour des "propos inacceptables et humiliants".

La décision est tombée à pic, au moment où la candidate effectue une tournée aux Antilles. Dans un entretien à France-Antilles de samedi, elle a affirmé comprendre la "rancoeur" des Antillais contre M. Frêche.

Mais à la suite de l'annonce, Mme Royal a opté pour la discrétion: elle s'est contentée de dire de Pointe-à-Pitre qu'elle prenait "acte" de cette décision.

A la mi-janvier, M. Frêche avait lui-même décidé de se mettre "en congé" du parti pour "ne pas gêner" Mme Royal, tout en restant président de son comité de soutien régional.

Le PS a toutefois tergiversé longtemps face aux incartades du puissant baron régional avant d'en venir à la punition ultime. Ses propos en février 2006 sur des harkis, qualifiés de "sous hommes" ce qui lui a valu jeudi une condamnation de 15.000 euros, avaient été sanctionnés plus modérément par le PS qui s'était contenté de le déchoir pour deux ans des instances dirigeantes.

L'exclusion "définitive" prononcée samedi n'est d'ailleurs pas un couperet: M. Frêche peut, selon les statuts, demander dans deux ans sa réintégration.

Son exclusion a été saluée Rue de Solférino par des salves d'applaudissements de membres du conseil national du PS. Ils demandent au PS de le démettre de sa présidence de région, tâche autrement plus complexe compte tenu des soutiens locaux dont il bénéficie.

Dans une première réaction, M. Frêche a assuré que "bien sûr", il continuerait à exercer tous ses mandats de président d'agglomération et de région. Il a appelé ses "amis à garder précieusement leur carte du PS".

"J'appelle tous mes amis à voter pour Ségolène Royal" a-t-il ajouté, avant de lancer à propos de cette sanction: "Tout ce qui est exagéré est insignifiant".

Il s'agit de la deuxième exclusion ces dernières années par le PS d'un responsable important du parti. L'ancien ministre Roland Dumas avait été exclu en 2002 pour deux ans pour avoir pris parti contre le député Arnaud Montebourg, avant les législatives de 2002.

Source : AFP
27/01/2007 19h03

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Publié dans Politique en France

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