Pour apaiser le climat social, La Poste engage des négociations salariales anticipées

Publié le par Resistencia

L'enlisement de la grève dans les centres de tri et la crainte d'une surchauffe sociale dans l'ensemble du groupe, dans le contexte de campagne électorale, conduit la direction de La Poste à faire un geste en direction des syndicats.

Georges Lefebvre, le directeur général de l'entreprise publique, a écrit aux sept fédérations (la CGT, SUD, FO, la CFDT, la CFTC, l'Unsa et la CGC), lundi 22 janvier, pour leur annoncer l'ouverture de négociations salariales et sociales (mobilité, qualifications, égalité hommes-femmes, etc.) anticipées pour 2007 dès le 25 janvier. La Poste "souhaite aboutir à un accord" avant la fin du premier trimestre.

Traditionnellement, ces négociations commencent à la fin du mois de mai et s'achèvent en juillet.

Cette invitation au dialogue intervient après trois mois de grève dans les centres de tri, à l'initiative de SUD-PTT, rejoint localement par la CGT et FO. Ce mouvement, qui touche 50 sites sur 110 et concerne entre 6 % et 10 % des personnels (jusqu'à 20 %, selon SUD-PTT), vise une revalorisation des horaires de nuit - un supplément de 3 euros de l'heure au lieu de 1,22 euro - ainsi qu'une amélioration des conditions de travail.

"Non seulement l'heure de nuit n'a pas été revalorisée depuis 1999, ce qui a entamé le pouvoir d'achat des postiers, mais la pénibilité du travail s'est accrue, en dépit du temps de travail à 32 heures, avec la multiplication d'horaires atypiques", explique-t-on chez SUD-PTT, où l'on veut "engager une réflexion globale sur les conditions de travail".

Avec la CGT et FO, SUD a lancé un mot d'ordre de grève nationale pour le 1er février pour les facteurs et les centres de tri. Une action est aussi prévue le 30 janvier pour les centres financiers (17 000 employés). Le climat social y est tendu. En réorganisation permanente depuis dix ans, ils perdent 1 000 postes environ chaque année.

L'inquiétude se focalise sur un nouveau plan baptisé "développement et compétitivité". Testé depuis le début du mois à Strasbourg, Nancy, Lille et Châlons-en-Champagne (Marne), il comprend un redécoupage des activités de ces centres.

Se voulant attentive aux revendications syndicales, la direction se dit prête à engager le dialogue sur la pénibilité du travail, qu'elle qualifie de "vrai sujet".


Source : LE MONDE | 23.01.07 | 14h05

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Publié dans Politique en France

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