Quand le porte-parole désinforme

Publié le par Resistencia

En alimentant une polémique à propos de la proposition de François Hollande de revenir sur les baisses d’impôt à partir d’un revenu mensuel de 4 000 euros (voir l’Humanité de samedi), Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, a été pris en flagrant délit de désinformation. D’abord par la direction de la SNCF : non, un conducteur de TGV ne gagne pas 4 000 euros, mais 3 400 euros nets, primes comprises en fin de carrière.

Par la FSU : non, un professeur certifié ne termine pas sa vie professionnelle à 4 100 euros, mais à moins de 3 000 euros.

Par cette controverse, l’UMP veut faire oublier qu’en France, le salaire médian est inférieur à 1 500 euros, que 40 % de la population dispose d’un revenu de 980 à 1 300 euros. Ajoutons, pour l’édification de M. Copé, les sept millions d’hommes et de femmes qui reçoivent moins de 800 euros, les deux millions d’enfants vivant dans la pauvreté...

Le débat sur une fiscalité plus juste mérite mieux que les divisions entre salariés, suscitées par une droite qui a multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches. Mieux également que l’ambiguïté de Ségolène Royal assurant qu’ « il n’y aura pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail ou l’effort ». Les thèmes ne manquent pas : sur un nouveau barème augmentant le nombre de tranches de 5 à 9, pour assurer une meilleure progressivité ; sur l’ISF que l’on pourrait doubler, voire tripler pour les plus grandes fortunes ; à propos de l’impôt sur les sociétés, à moduler selon que les bénéfices iront davantage à l’emploi ou aux actionnaires ; de la baisse ou même de la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. Une autre fiscalité est possible, hors des clous de tous les libéralismes.


Source : l'Humanité
Edition du 15 janvier 2007

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Publié dans Politique en France

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