La CGT veut mobiliser pour sauver la chimie

Publié le par Resistencia

La Fédération des industries chimiques CGT organisait, le 9 janvier, une journée sur l’avenir d’un secteur qui a perdu 10 000 postes l’an dernier.

Plus de 600 emplois supprimés à Cadence Innovation, 170 dans la filiale lubrifiants de Total, 300 pour Total Petrochemicals, démantèlement du groupe Rhodia, baisse des postes chez Michelin, fermeture définitive de Polimeri... À deux semaines des états généraux de la chimie, organisés par le patronat du secteur et intitulés « Porter un autre regard sur la chimie », la Fédération nationale des industries chimiques CGT (FNIC) a rassemblé, hier, à Montreuil (Seine-Saint-Denis) plusieurs dizaines de représentants des salariés pour « faire le point sur le marasme vécu depuis des années » et tenter de « mettre un frein à la casse de l’industrie », selon son secrétaire général, Jean-Michel Petit.

Entre 2004 et 2005, ce sont 16 000 emplois qui ont disparu dans le deuxième secteur industriel français derrière l’automobile. En 2006, 10 000 postes auraient été perdus sur un effectif total de plus de 231 000 personnes (830 000 en réalité si on comptabilise les salariés qui ne sont pas couverts par la convention collective, selon la CGT), dans un contexte de ralentissement de la croissance de la chimie en France. « Et 2007 s’annonce aussi noire », estime le syndicaliste, appuyé d’ailleurs par l’Union des industries chimiques qui mise, cette année, sur une croissance de seulement 1,7 % des volumes produits (contre une prévision de 1,1 % en 2006).

« Les oreilles sont ouvertes jusqu’aux prochaines échéances électorales, alors profitons-en ! », explique une syndicaliste CGT. La FNIC veut, en effet, « s’impliquer dans le débat présidentiel », pointant tour à tour les « cadeaux au patronat » qui n’auraient servi qu’au « démantèlement de filières importantes » et à « financer les plans sociaux », l’absence de contrôle des fonds publics, les « ententes illicites » entre les groupes ou les « profits record » réalisés par les géants du secteur, à l’instar des 14 milliards d’euros de bénéfice net dégagé par Total en 2005. « Qui aura le courage au niveau politique de proposer des alternatives à la casse de la chimie ? », interrogeait, hier, le secrétaire général de la FNIC. D’autant que les syndicalistes présents au siège de la CGT, ont parfois confessé l’impression « d’être submergés par une casse générale » ou avoué leur « sentiment d’impuissance » face à la « similitude frappante des stratégies » mises en place par les groupes. Entre des entreprises détenues par des fonds de pension « majoritaires dans le capital » chez Air Liquide, qui auraient « distribué 2,996 milliards d’euros aux actionnaires entre 1997 et 2006 », une « financiarisation » de la gestion des sociétés comme Sanofi-Aventis, l’augmentation de la sous-traitance et l’externalisation d’activités à l’exemple de Total, le déplacement du centre de gravité des entreprises vers l’Europe de l’Est et l’Asie, comme chez Michelin, ou les « délocalisations fiscales » à l’instar de Colgate-Palmolive. Partout, les représentants des salariés dénoncent des conditions de travail dégradées. La FNIC-CGT a promis de nouvelles actions de sensibilisation en 2007.


Source : l'Humanité - Lénaïg Bredoux
Edition du 10 janvier 2007

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Publié dans Politique en France

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