ANPE-UNEDIC Fusion à hauts risques
L’opération pourrait menacer les droits des privés d’emploi. Lors de ses voeux aux forces vives, Jacques Chirac avait, la semaine dernière, appelé à « bâtir un nouvel instrument contre le chômage et pour l’emploi, à partir de la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC ». Un brin surpris par la proposition, les syndicats ont contesté vertement cette perspective : « Ce n’est pas un problème d’institutions qui réglera le problème des chômeurs », considère par exemple François Chérèque (CFDT). Mais, hier matin, en évoquant son « objectif » de faire passer le taux de chômage de 8,8 % à 6%, mais sans toutefois se fixer un délai pour l’atteindre, Dominique de Villepin remet le couvert : « Nous devons notamment avancer vers la fusion ANPE-UNEDIC et remettre à plat, sur la base des travaux actuels des partenaires sociaux, notre système d’allocations chômage. Le chômage ne baissera pas sans une politique de l’emploi active. »
Dans un entretien aux Échos, Christian Charpy, directeur général de l’ANPE, appuie dans le sens d’une fusion qui est, selon lui, « nécessaire ». « L’idée, assure-t-il, c’est vraiment de mieux servir le demandeur d’emploi, d’aller vers davantage de simplicité et d’efficacité. Les informations circuleront plus facilement si le versement des allocations et l’accompagnement personnalisé se font dans un même cadre. » Alors que, depuis des années, l’ANPE et l’UNEDIC se rapprochent à travers, par exemple, le rapprochement en cours de leurs services informatiques ou encore la mise en place du « guichet unique », cette « simplification administrative » ressemble à s’y méprendre à une nouvelle avancée du « workfare », cette conception néolibérale d’un marché du travail où il conviendrait d’ajuster sans cesse « l’employabilité » des chômeurs pour les contraindre ensuite, par le biais de la menace de leur couper les vivres, à prendre les emplois proposés, quels que soient le salaire et les conditions de travail.
Source : l'Humanité
Edition du 9 janvier 2007
Dans un entretien aux Échos, Christian Charpy, directeur général de l’ANPE, appuie dans le sens d’une fusion qui est, selon lui, « nécessaire ». « L’idée, assure-t-il, c’est vraiment de mieux servir le demandeur d’emploi, d’aller vers davantage de simplicité et d’efficacité. Les informations circuleront plus facilement si le versement des allocations et l’accompagnement personnalisé se font dans un même cadre. » Alors que, depuis des années, l’ANPE et l’UNEDIC se rapprochent à travers, par exemple, le rapprochement en cours de leurs services informatiques ou encore la mise en place du « guichet unique », cette « simplification administrative » ressemble à s’y méprendre à une nouvelle avancée du « workfare », cette conception néolibérale d’un marché du travail où il conviendrait d’ajuster sans cesse « l’employabilité » des chômeurs pour les contraindre ensuite, par le biais de la menace de leur couper les vivres, à prendre les emplois proposés, quels que soient le salaire et les conditions de travail.
Source : l'Humanité
Edition du 9 janvier 2007
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