Et maintenant, le droit à l’énergie ?

Publié le par Resistencia

Créés officiellement en septembre 2006, les Robins des Bois du Rhône sont déjà intervenus plus d’une centaine de fois depuis trois mois pour faire rétablir l’électricité ou le gaz coupés pour impayés. Si elle parvient à négocier dans 80 % des situations désespérées auxquelles elle a affaire, l’association ne prend le temps ni de négocier, ni d’attendre quand il s’agit d’enfants, de malades ou de personnes âgées. Le rétablissement dans l’heure qui suit l’appel est toujours fait par des agents compétents et « jusqu’à présent, jamais nous n’avons eu de difficultés avec notre entreprise, explique Alan Loffreda, président de Droit à l’énergie-Stop aux coupures dans le Rhône. Ce qu’il faut savoir, c’est que 45 % des personnes qui font appel à nous sont en contrat à durée déterminée. Ce sont des salariés. Nous ne sommes pas confrontés seulement à la plus grande exclusion. Les politiques doivent se rendre compte de cette réalité : pourquoi pas maintenant une loi sur le droit à l’énergie ? »

Vendredi 5 janvier, c’est la mère d’une fillette de huit ans qui a appelé au secours, sur le conseil de son assistante sociale. Elle ne dispose que des 540 euros du RMI, desquels elle doit immédiatement déduire 160 euros de loyer. Résultat, depuis fin 2005, elle ne paye plus ses factures de gaz et d’électricité, coupés en février 2006. Un dossier déposé au fonds de solidarité logement énergie a permis à EDF-GDF d’encaisser les 375 euros alloués par le conseil général. Mais ils ont refusé de rétablir l’alimentation tant que la dette ne serait pas complètement apurée, alors que la jeune femme leur avait proposé de verser 100 euros par mois à cette fin. Depuis février 2006, elle et sa fille vivaient donc à la bougie, dans un logement vétuste et glacial, sans eau chaude. Jusqu’à ce vendredi et l’intervention des Robins des Bois.

Le directeur adjoint d’EDF a reconnu 17 000 coupures pour 2005. L’association penche pour les 20 000. « Nos interventions visent, avant tout, à obtenir le rétablissement de l’énergie contre un plan d’apurement qui tienne effectivement compte des capacités réelles des gens, explique le syndicaliste CGT. Mais elles ne sont pas assez nombreuses, notre numéro de téléphone (06 26 03 39 09, pour le Rhône) étant peu connu. Pourtant, les travailleurs sociaux, les assistantes sociales ou encore les agents EDF-GDF eux-mêmes commencent à servir de relais. »


Source : l'Humanité - Émilie Rive
Edition du 8 janvier 2007
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Publié dans Politique en France

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