Quand la justice sert la soupe à lextrême droite...
La "justice" (notez bien les guillemets) a estimé que la distribution de "soupe au cochon" par une association proche de l’extrême droite n’était pas raciste et l’a donc autorisée malgré une interdiction de la préfecture de police de Paris. La soupe au cochon a finalement été distribuée hier soir sur l’esplanade de la gare Montparnasse (15e). Le tribunal administratif de Paris avait demandé que soit levée cette interdiction décidée le 28 décembre par la préfecture qui dénonçait le caractère xénophobe de cette opération caritative excluant de fait les personnes de confessions juive ou musulmane.
Le tribunal administratif a estimé que la distribution de cette soupe populaire ne constituait pas un trouble à l’ordre public ni une discrimination avérée.
La préfecture devrait faire savoir mercredi si elle fait appel ou non de la décision.
Cette distribution, qui a vu le jour durant à Strasbourg (avec l’organisation d’ultra-droite "solidarité alsacienne"), suivie par Nice, a été lancée pour Paris en 2004 par l’association "SDF-Solidarité des Français", proche de mouvements d’extrême droite, dont le but est, selon l’organisation, de distribuer une soupe "gauloise" préparée à base de lard.
Le maire de Paris, le socialiste Bertrand Delanoë, s’est dit "étonné" de la décision du tribunal administratif. Il estime dans un communiqué que cette distribution exclut "sciemment" les juifs et les musulmans. Cette décision est d’autant plus étonnante qu’elle reconnaît que cette action", explique le Maire de Paris, en citant le tribunal adminitratif de Paris, "poursuit un but clairement discriminatoire", ajoutant : "je souhaite donc vivement que le Préfet de Police fasse appel de cette ordonnance, espérant que le Conseil d’Etat aura, comme d’autres tribunaux administratifs dans un passé récent, une interprétation différente des principes républicains."
"Face à cette initiative aux relents xénophobes, je veux exprimer à nouveau la volonté de la municipalité de dénoncer et de combattre toute forme de discrimination, de racisme et d’antisémitisme", écrit Bertrand Delanoë.
"On peut imaginer beaucoup de choses sur l’intention de l’association mais il n’y a jamais eu de discrimination avérée", a déclaré pour sa part sur France Info Me Frédéric Pichon, l’avocat de l’association. "On n’a jamais pu constater qu’une personne se verrait refuser de la soupe ou des vêtements en raison de son appartenance (...) à une religion ou une race déterminée" alors que pourtant, selon les services de presse de l’association "l’utilisation de cet ingrédient est justifiée par sa place prépondérante dans l’alimentation traditionnelle française et revendiquée comme un moyen de dénoncer le fait que l’Etat français, alors qu’il subventionne un nombre mirobolant d’associations d’aide aux pauvres du monde entier, oublie que la plupart des SDF dans notre pays sont d’origine européenne", sous-entendant ainsi que les juifs et les musulmans ne sont pas "d’origine européenne", du fait de leurs religions...
La justice entretient visiblement de fort bonnes relations avec les organisations racistes et xénophobes, alors qu’au meme moment, elle ordonne l’expulsion d’une centaine de sans-papiers qui occupaient un squatt à Roubaix. Mais sans doute n’étaient-ils pas tous amateurs de lard ?
Source : bellacio.org - Bruno Lamothe