John Negroponte, homme politique américain
17 février 2005. George W. Bush s’est enfin décidé ! Ce sera John Negroponte, 65 ans, qui occupera le poste de Directeur du Renseignement National (DNI), un poste récemment créé lors de la réforme du renseignement. Il aura pour mission de « superviser et coordonner » une quinzaine de services de renseignements, dont la CIA, la NSA et la DEA. Mais qui est John Negroponte ? Mis à part le fait qu’il était, jusqu’à ce jour, le premier ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Negroponte a un passé fort contestable dans la politique américaine. Petit retour en arrière…
Nous sommes en 1981, sous la présidence de Reagan. Au Honduras, Jack Binns, ambassadeur américain dans ce pays de septembre 1980 à octobre 1981, averti ces supérieurs que le général Alvarez lui a avoué qu’il s’apprêtait à commettre au Honduras des actes allant à l’encontre des droits de l’homme. La réponse de Washington fut de remplacer Binns par Negroponte, vieil ami de la famille Bush et favorable aux activités du gouvernement Reagan en Amérique Centrale. Dès son arrivé à l’ambassade, Negroponte fut mis au fait d’un dossier constitué par le personnel de l’ambassade rapportant, preuves à l’appui, que la CIA avait recruté, au début des années 80, le général Gustavo Alvarez pour en faire le chef de la Sécurité Nationale, et que celui-ci avait mis sur pied un escadron de la mort, le Bataillon 316. Cet escadron était chargé de semer la terreur en enlevant, torturant et tuant tous les opposants politiques et leur famille. Il donna l’ordre à Rick Chidester, alors membre de la section politique de l’ambassade, de supprimer la plus grande partie de ces informations dans le rapport sur les droits de la personne qui devait être transmis annuellement au Congrès américain. Par ce fait, Negroponte a menti intentionnellement au Congrès et au peuple américain. Si Negroponte avait rapporté tout ces évènements au Congrès, il en aurait été fini de l’aide américaine au « gouvernement » Hondurien, et ce en vertu de la loi sur l’aide à l’étranger qui interdit toute aide militaire aux gouvernements se livrant régulièrement à des violations importantes des droits de la personne.
Comble de l’ironie, Reagan décora le général Alvarez de la « Legion of Merit » en 1983 pour « avoir contribué au processus démocratique au Honduras ».
Il ne nous reste plus qu’a espérer que Negroponte sera un peu plus respectueux des Droits de l’Homme, et qu’il ne se transformera pas en Big Brother. On peut toujours réver, non ?!