Mali - Débat très houleux entre Sarkozy et des Maliens à Bamako

Publié le par Resistencia

Un débat très houleux a opposé Sarkozy, ministre de l'Intérieur français, auteur de la loi controversée sur l'immigration jetable, et des Maliens, jeudi, dans un grand hôtel de Bamako.

Rencontrant des représentants de la jeunesse et de la société civile malienne lors de son séjour dans ce pays, le ministre français a été très durement interpellé par des participants à la suite d’un discours sur l’immigration. Il leur a répondu avec une vigueur comparable.

Un intervenant lève la main et lui reproche d'organiser des "charters" pour renvoyer des Maliens, "mains attachées" chez eux.
"Levez-vous. Je vous mets au défi de dire qu'il y a eu le moindre charter vers le Mali depuis quatre ans que je suis ministre de l'Intérieur (...) vous n'avez pas à insulter le gouvernement démocratique" de la France, réplique le ministre sur le ton de la colère. De qui se fout-on ? Sarko veut nous faire croire que les charters n’existent pas ??? Car au-delà de « charters maliens » (puisqu’il affirme qu’aucun malien n’a été rapatrié au Mali depuis qu’il est au gouvernement), c’est le problème des charters en général qui était évoqué !!! Encore une fois, il fuit le problème…

Un député malien s'adresse à lui sèchement, citant un proverbe de son pays selon lequel "on ne rase pas quelqu'un en son absence".
"Ce n'est pas parce qu'il fait chaud qu'il faut s'énerver (...) Je ne veux le scalp de personne", rétorque le ministre français. "Bien loin de fermer le débat, cette loi permet de l'ouvrir. Avant, il n'y avait aucune obligation de discuter (de l'immigration) avec les pays d'origine des immigrés. Maintenant, si", lui rétorque M. Sarkozy. En clair, maintenant les pays d’origines des immigrés seront prévenus à l’avance de l’arrivée d’un charter : quel progrès !!!

A une jeune femme qui accuse la France de "profiter de nos ressources", Nicolas Sarkozy lance : "la France n'a pas économiquement besoin de l'Afrique". Alors pourquoi le groupe Bouygues par exemple, groupe français jusqu’au dernières nouvelles, est omniprésent en Afrique, signant des contrats faramineux où ils font des bénéfices records au détriment de la santé des ouvriers locaux et de l’environnement ?

La salle réagit avec hostilité.

"Attendez, attendez", tempère Sarkozy. "Les relations entre la France et l'Afrique ne sont pas conditionnées par des intérêts économiques. Ceux qui pensent cela commettent une grave erreur. C'était vrai du temps de la colonisation. Ce n'est plus vrai du temps de la démocratie". Mais malheureusement, nous ne sommes plus en démocratie depuis fort longtemps ! En démocratie, le peuple gouverne : est-ce que le peuple gouverne en France ? Non ! Nous ne sommes donc pas en démocratie ! Souvenez vous Raffarin qui disait, je cite : « ce n’est pas la rue qui gouverne » ! La rue, c’est la peuple du con !

"N'écoutez pas ceux qui exonèrent les Africains de toute responsabilité sur le non développement de l'Afrique", ajoute-t-il.

Peu auparavant, dans son discours, il avait expliqué être venu au Mali "exprès, en ce moment", au lendemain du vote par les députés français de sa loi durcissant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France, terre qui abrite 45.000 Maliens légaux et autant d'illégaux.

"Depuis que j'ai parlé d'immigration choisie, au moins, on ne parle plus d'immigration zéro. Et on devrait m'en féliciter (...) Je le dis clairement: ceux qui font le jeu du racisme et de la xénophobie, ce sont ceux qui de manière irresponsable, hélas, ferment les yeux sur la nécessité d'une régulation des flux migratoires", affirme le responsable français.

Des manifestants bamakois - de quelques dizaines à 200 mercredi, environ 150 jeudi - avaient plus tôt conspué M. Sarkozy, le traitant de "raciste" et de "xénophobe".
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Publié dans Politique mondiale

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