USA - Torture : l'Amérique épinglée par l'Onu
Dans un rapport remis à Washington, l'Onu demande aux Etats-Unis de cesser toute torture et de fermer les prisons secrètes ouvertes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Washington doit cesser toute torture et fermer ses prisons secrètes. Les Etats-Unis ont été rappelés à l'ordre vendredi par le Comité de l'Onu contre la torture. Dans son rapport annuel, le Comité onusien précise ainsi que l'Amérique doit «prendre des mesures énergiques pour éradiquer toute forme de torture», par leurs forces de sécurité en Afghanistan et Irak et fermer leurs centres de détention secrets de suspects de terrorisme. Les Etats-Unis «doivent cesser de détenir des personnes dans des sites de détention secrets, que ce soit sur leur territoire, sur des territoires sous leur juridiction ou sur des sites sous leur contrôle de facto», précise encore le Comité dans des recommandations adressées à Washington.
Composé d'une dizaine d'experts indépendants, le Comité a étudié le respect par les Etats-Unis de la Convention de l'Onu contre la torture qui date de 1984, comme il le fait régulièrement avec tous les Etats signataires. «L'Etat partie doit reconnaître que détenir des personnes dans des installations secrètes constitue, en soi, un acte de torture ou un traitement ou un châtiment cruel, inhumain ou dégradant selon sa nature exacte, son objectif ou sa sévérité», dit encore le texte dans ses conclusions.
Le rapport du Comité est le premier à viser les Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001 et le déclenchement de la «guerre contre le terrorisme» qui a vu notamment l'ouverture de la prison de Guantanamo à Cuba, où des centaines de suspects sont détenus en dehors de tout cadre légal. Les Etats-Unis sont également soupçonnés de «délocaliser» la torture en transférant des suspects de terrorisme dans d'autres pays en vue de les interroger.
Le Comité a également condamné certaines techniques d'interrogatoires que les Américains ne considèrent pas comme de la torture, comme celle du «sous-marin», qui consiste à plonger un suspect dans une baignoire, ou encore le recours à des chiens ou bien à des menottes très serrées. Les experts onusiens, dont les conclusions ne sont pas contraignantes, donnent au gouvernement américain un an pour prendre des mesures et l'en informer. En février, un rapport d'experts de l'Onu avait déjà conclu que «les conditions générales de détention (à Guantanamo) équivalent à un traitement inhumain».
Source : Libération