Action Directe, Histoire...

Publié le par Resistencia

Action directe, né de la "fusion" des GARI (Groupes d'Action Révolutionnaire Internationalistes) et des NAPAP (Noyaux Armés pour l'Autonomie Populaire), aboutit en 1977 à la création d'une « coordination politico-militaire interne au mouvement autonome ». Cette coordination se transforme, en 1979, en une « organisation de guérilla » qui commence alors à revendiquer ses attentats sous le nom d'Action directe, expression empruntée à l'anarcho-syndicalisme du début du XXe siècle, au nom de « la lutte contre l'impérialisme » et pour « la défense du prolétariat ». Ils ne font alors que des dégâts matériels. Après l'amnistie de 1981, la plupart des militants renonce à la violence, abandonnant jusqu'au nom et au sigle d'Action directe, tandis qu'une minorité (regroupée en une branche parisienne et une branche lyonnaise) choisit de passer à la lutte armée (ils avaient compris que malheureusement, seule ce type de lutte permet d'être entendu). En 1984, la branche parisienne Action directe se regroupe à la Fraction Armée Rouge dans le cadre de la stratégie d'« unité des révolutionnaires en Europe de l'Ouest ».

Plus globalement, ce groupe a été l'expression en France d'un courant se revendiquant du marxisme et véhiculant l'idée que les actions terroristes étaient un moyen légitime de renverser un régime considéré comme oppressif. Durant ce qu'on a appelé les « années de plomb », de nombreux groupes ont repris l'idéologie de la « propagande par le fait » prônée par certains militants lors des deux dernières décennies du XIXe siècle: la Fraction Armée Rouge ou (« bande à Baader ») en Allemagne occidentale, les Brigades Rouges en Italie, Sekigunha (faction armée rouge japonaise), 17-Novembre en Grèce, Armée républicaine irlandaise, cellules communistes combattantes en Belgique, ETA, Weathermen aux États-Unis, KP-ML et Devrimci Sol en Turquie…

Action directe a notamment revendiqué le mitraillage du siège du patronat le 1er mai 1979, mais aussi des attentats contre des ministères, la Sonacotra, des agences immobilières, des bâtiments de l'armée française, des sociétés liées au complexe militaro-industriel, des attentats contre l'État israélien, ainsi que l'assassinat du général Audran (responsable des ventes d'armes de l'État français) en 1985, puis de Georges Besse, le PDG de Renault, en 1986. À ces nombreux attentats s'ajoute un certain nombre de vols à main armée revendiqués par le groupe comme des « expropriations prolétariennes ».

Le 21 février 1987, les principaux membres d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, et Georges Cipriani ont été arrêtés dans une ferme de Vitry-aux-Loges, dans le Loiret. Ils ont été tous les quatre condamnés (tout comme Régis Schleicher, arrêté en 1984) à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine incompressible de 18 ans.

Les demandes de libération anticipée de Régis Schleicher ou de Nathalie Ménigon ont été jusqu'à maintenant repoussée par le juge d'application des peines, bien que Nathalie Ménigon ait été victime en prison de deux accidents vasculaires cérébraux qui l'ont laissée hémiplégique, mais la peine de Joëlle Aubron a été suspendue en juin 2004 pour raisons de santé. Quant à Jean-Marc Rouillan, il tient une chronique sur l'univers carcéral dans le journal CQFD. Joëlle Aubron est décédée à Paris le 1er mars 2006 d'un cancer des poumons, moins de deux ans après sa sortie de prison.

La peine de sûreté de 18 ans des militants d'Action Directe est terminée. Malgré tous, leur demande de libération est sans cesse rejetée. Pour nous, ils ont purgé leur peine. C'est pourquoi nous appellons à signer la pétition pour leur libération...
Cliquez ici pour signer...


BIBLIOGRAPHIE
- Action directe, Pour un projet communiste, Docom 1982
- Action directe, Textes de prison, 1992-1997, Jargon libre 1997
- Le Prolétaire précaire, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Régis Schleicher, Acratie 2000
- Jean-Marc Rouillan, Je hais les matins, Denoël 2001
- Loïc Debray, Jean-Pierre Duteuil, Philippe Godard, Henri Lefebvre, Catherine Régulier, Anne Sveva, Jacques Wajnsztejn, Paroles Directes. Légitimité, révolte et révolution : autour d'Action directe, Acratie 1990


FILMOGRAPHIE
Action directe : la révolution à tout prix, Jean-Charles Deniau, France 3 - Théophraste 2001

Publicité

Publié dans Histoire - Culture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article