Gaza - Abbas limoge le cabinet, le Hamas en passe de contrôler la bande de Gaza

Publié le par Resistencia

Le président palestinien Mahmoud Abbas a décidé jeudi de limoger le gouvernement dominé par le Hamas et de proclamer l'état d'urgence, au moment où les islamistes étaient en passe de contrôler la bande de Gaza après de violents combats.

Le Hamas a annoncé contrôler l'ensemble des quartiers généraux des services de sécurité fidèles au Fatah de M. Abbas dans la bande de Gaza, y compris le siége de la présidence, après avoir mis en déroute leurs membres au cours de combats qui font rage depuis une semaine.

La décision de M. Abbas a été annoncée par le secrétaire général de la présidence Tayeb Abdelrahim depuis la Mouqataa, le QG de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie.

M. Abbas a décidé du "limogeage du Premier ministre Ismaïl Haniyeh" issu du Hamas et de "l'instauration de l'état d'urgence dans l'ensemble des territoires de l'Autorité palestinienne".

"L'état d'urgence est instauré dans les territoires de l'Autorité palestinienne en raison de la guerre criminelle en cours dans la bande de Gaza, la prise des quartiers généraux des services de sécurité de l'Autorité, le coup militaire et la rébellion armée menée par des milices hors-la-loi", a-t-il dit.

Il a également décidé d'organiser des élections anticipées, "dès que la situation le permettra", et de former un gouvernement d'urgence.

L'annonce de Mahmoud Abbas a été aussitôt rejetée par le Hamas.

"Cette décision prouve que la présidence et le Fatah ne souhaitent pas régler les problèmes. Elle n'a pas de valeur dans la pratique", a affirmé à l'AFP son porte-parole, Sami Abou Zouhri.

Les Etats-Unis ont vite réagi et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a affirmé "soutenir pleinement" les décisions de M. Abbas.

La France a également exprimé son "plein soutien" à M. Abbas, "pilier des institutions démocratiques de l'Autorité palestinienne".

Auparavant, des activistes lourdement armés du Hamas s'étaient emparés d'un complexe clé de la Sécurité préventive à Gaza, d'un deuxième quartier général sécuritaire à Rafah (sud) et de deux services de renseignements à Gaza et à Beit Lahya (nord). En soirée, le Hamas a affirmé avoir pris le contrôle du plus important QG de la Sûreté nationale à Gaza-ville.

La chute de ce QG, une fois confirmée de source indépendante, scellera la déroute totale des forces fidèles à M. Abbas.

Des combats ont aussi éclaté autour du siège de la présidence palestinienne, selon des témoins, alors que le Hamas a assuré que des responsables de la présidence fuyaient à bord de bateaux.

Trente Palestiniens ont été tués dans les combats jeudi, portant à 113 le bilan des morts depuis le début des dernières violences, le 7 juin.

La télévision du Hamas a montré des membres de la Sécurité préventive quittant le bâtiment mains en l'air, certains en sous-vêtements, sous le regard de combattants islamistes cagoulés.

Le Hamas a en outre annoncé avoir tué à Gaza l'un des chefs militaires du Fatah, Samih Al-Madhoune. Les islamistes ont également fait exploser un studio de la radio officielle Voix de la Palestine. Deux autres radios proches du Fatah ont cessé d'émettre.

Des pylônes à haute tension ont été endommagés, entraînant d'importantes coupures d'électricté à Gaza-ville.

 

Pour le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri, les Palestiniens assistent "à une deuxième libération de la bande de Gaza, (le Hamas) la débarrassant des hordes des traîtres après l'avoir débarrassée des colons juifs" lors du retrait israélien à l'été 2005.

La Maison Blanche a exprimé sa "profonde inquiétude" devant les violences alors que la Commission européenne a appelé à "une trêve humanitaire".

Un gouvernement d'union nationale regroupant le Hamas et le Fatah, dirigé par le Premier ministre islamiste Ismaïl Haniyeh, était en place depuis mars après un accord de réconciliation censé mettre fin aux violences.

Depuis l'accession du Hamas au gouvernement en mars 2006 après sa victoire électorale, une lutte meurtrière l'oppose au Fatah, se cristallisant autour des services de sécurité qui comptent des dizaines de milliers d'hommes pour la plupart fidèles au parti de M. Abbas.

Le Hamas, persuadé que le Fatah se sert de ces services pour l'empêcher de gouverner, affirme que les combats visent à les purger des "putschistes (...) à la solde d'Israël".

Les accrochages ont aussi commencé à gagner la Cisjordanie.

Des activistes du Fatah ont pillé quatre bureaux du Hamas à Naplouse et brûlé le siège des députés islamistes de la ville.

Des dizaines d'activistes du Hamas ont en outre été arrêtés par des services fidèles au Fatah dans différentes villes de Cisjordanie.

Source : AFP

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Publié dans Politique mondiale

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