Grèves en masse chez SFR
Télécommunications . Débrayages sur les sites de l’opérateur mobile.
De Massy à Lyon, de l’île de la Réunion à Toulouse, les centres d’appels SFR connaissent depuis trois/quatre jours des débrayages spontanés de salariés écoeurés. Hier, le taux de grève a même dépassé les 90 % sur certains sites. La raison ? La direction de cette filiale du groupe Vivendi a annoncé mercredi lors d’un comité central d’entreprise son projet de transférer d’ici au 1er août trois de ses centres d’appels à deux sous-traitants : Teleperformance pour Lyon et Toulouse et la Division Arvato Services pour Poitiers. Ces derniers se seraient engagés à garder les employés transférés « au moins trois années ». En tout, ils sont près de 1 900 à être concernés par ce plan qui, selon l’intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO COM et UNSA), amènerait à des baisses de salaires de 47 %. « Énormément d’acquis sociaux vont sauter : de 2 000 euros brut, les plus anciens vont passer à 1 000 euros net », précise Frédéric Mahu (CGT). « C’est un véritable coup de massue, nous ne nous y attendions vraiment pas », ajoute Laurent Demassougne, délégué FO à Poitiers. En octobre, la direction de l’opérateur mobile avait en effet prévu, dans un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, « une stabilité globale des effectifs » jusqu’à 2010.
Si la direction de SFR dit « n’attendre aucune économie » de cette passation à des sous-traitants, le comité central d’entreprise (CCE) a déclenché jeudi un droit d’alerte afin de disposer rapidement d’une information complète sur les origines des difficultés de l’entreprise et d’obliger ses dirigeants à communiquer les mesures de redressement envisagées. Or dans un rapport détaillé du cabinet Sextant, mandaté par le CCE en octobre 2006, l’expertise est sans appel : « L’opérateur est entré dans une phase d’optimisation de coûts qui devrait lui permettre d’accroître ses marges opérationnelles. Sur la période 2005-2008, SFR dégagera un taux de marge moyen supérieur à celui dégagé sur la période 2001-2004. »
Source : l'Humanité - Christelle Chabaud
Edition du 26 mai 2007