Un 1er mai amplificateur des luttes
Manifestations . Calée entre les deux tours, la Fête du travail est, pour les syndicats, un moyen de faire entendre les exigences sociales.
L’ombre du deuxième tour de l’ élection présidentielle plane sur les manifestations du 1er mai. Plus de 160 cortèges ou rassemblements sont déjà prévus partout en France, la plupart du temps organisés en intersyndicale, au moins par la CGT, l’Unsa, la FSU, Solidaires et l’UNEF. La CFDT est présente dans la majorité des départements, mais pas en Île-de-France. « Quand le 1er mai tombe entre les deux tours, on n’appelle pas, sauf cas exceptionnels. Nous ne voulons pas de récupération politique », justifie Alain Gil, secrétaire général de l’union régionale. FO et la CFTC organisent traditionnellement des initiatives qui leur sont propres.
Que les électeurs s’emparent ou non du traditionnel rendez-vous de la Fête du travail pour peser sur le second tour de scrutin, les syndicats, eux, entendent faire de ce jour-là une caisse de résonance des revendications salariales.
Besoin d’un 1er mai dynamique
« Dans le contexte actuel, les syndicats ont un rôle important à jouer. Il y a beaucoup de conflits, sur les salaires particulièrement. De grandes inquiétudes s’expriment dans le monde du travail. Même entre deux tours, il faut les faire entendre le plus clairement possible », explique Pascal Joly, secrétaire général de l’union régionale d’Île-de-France et membre de la commission exécutive de la CGT. « Nous avons besoin d’un 1er mai dynamique pour remettre les urgences sociales au centre du débat », développe aussi Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, tandis qu’Alain Olive, secrétaire général de l’Unsa, appelle à faire du 1er mai un « amplificateur des préoccupations sociales qui se sont exprimées tout au long de la campagne électorale ».
Si tous soulignent que cette fois-ci, les débats sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics ou encore la retraite ont été une des données incontournables du débat électoral, ils pointent aussi que le plus dur reste sans doute à venir. « Il existe encore un pessimisme social qui pèse. Beaucoup d’inquiétudes demeurent sur ce qui va se passer après le second tour », confie Alain Olive qui souhaite une mobilisation capable d’obliger les deux candidats à « préciser leurs réponses », notamment sur le pouvoir d’achat ou encore sur le service minimum dans les transports publics.
C’est aussi principalement sur ces deux thématiques qu’ Annick Coupé fonde ses principales préoccupations, afin de « pousser Ségolène Royal à présenter un programme plus social et adresser une mise en garde à Nicolas Sarkozy pour qu’il ne se croie pas tout permis », insiste la porte-parole de Solidaires, union syndicale qui dans un communiqué publié hier, constate que « le programme de Nicolas Sarkozy est en totale contradiction avec ses valeurs ».
Choisir les solidarités collectives
La CGT, qui n’a pas ménagé sa peine pendant toute la campagne pour révéler les véritables intentions du candidat de l’UMP veut à nouveau alerter sur « la violence du point de vue de Sarkozy », explique Pascal Joly. Pour lui, le candidat de droite « déclare la guerre au monde du travail, s’attaque au syndicalisme et au droit de grève. Son projet prône le chacun pour soi, efface tout lien de solidarité entre les salariés, porte un éclatement des solidarités. » Dans ce cadre, le 1er mai, jour historique de revendication des travailleurs, peut faire pencher la balance du côté du « renouveau des solidarités collectives », selon l’expression de l’Unsa.
Source : l'Humanité - Paule Masson
Edition du 24 avril 2007