PSA se préparerait à supprimer 10 000 emplois
Cette restructuration interviendrait après la présidentielle et toucherait deux sites en France.
Coup de tonnerre chez PSA Peugeot-Citroën, deux semaines après la fin de la grève pour les salaires à Aulnay : le groupe, dont le nouveau PDG Christian Streiff s’est fixé comme priorité la réduction des coûts, envisagerait après la présidentielle de se séparer de 5 % de son effectif. Le magazine Capital, aussitôt démenti par PSA, affirme sur son site internet que M. Streiff mettrait la dernière main à « un plan de restructuration conduisant à la suppression en France et en Europe de 10 000 emplois dans le groupe et parmi ses sous-traitants ». PSA, qui employait 211 000 personnes fin 2006, avait déjà annoncé en septembre un plan de relance comportant 10 000 suppressions d’emplois en Europe de l’Ouest, dont 7 000 à 8 000 en France. Présenté par le précédent PDG, Jean-Martin Folz, ce programme reposait sur le non-renouvellement de contrats temporaires et le non-remplacement de départ en retraite.
Selon Capital, Christian Streiff s’est engagé auprès du gouvernement à ne pas « annoncer ces charrettes en pleine période de campagne présidentielle ». Ces suppressions de postes sont en effet « d’autant plus sensibles électoralement » qu’elles risquent de toucher en France les sites d’Aulnay, ou de Rennes. Le magazine ajoute que Christian Streiff affirme aujourd’hui en privé que « la mise en oeuvre de son plan ne peut plus attendre l’été » et sans doute même pas le deuxième tour des législatives fixé au dimanche 17 juin. « L’idéal », selon le PDG cité par Capital, « serait d’annoncer ces suppressions d’emplois après le deuxième tour de la présidentielle » et ce, quel que soit le prochain président de la République.
Un porte-parole du premier constructeur automobile français a assuré vendredi qu’il n’y avait « pas de plan de restructuration ni de plan social en cours chez PSA ». Mais on rappelle chez PSA que le groupe a signé début avril un accord sur « la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences » (GPEC), visant à « anticiper les effets sur l’emploi de l’évolution de l’entreprise dans un environnement automobile fortement concurrentiel ». Un accord qui comporte des mesures incitant à des départs volontaires en « cas de situation nécessitant une réduction ou une adéquation des effectifs ». Ce texte, signé par cinq syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO et GSEA), a été rejeté par la CGT qui a jugé qu’il avait « pour objectif de supprimer des emplois ».
La CGT du site PSA Peugeot-Citroën de Sochaux a réagi en qualifiant ce plan de « scandaleux ». « Rien ne justifie de telles coupes sombres » alors que « les ventes mondiales de Peugeot-Citroën sont en hausse continue », souligne le syndicat dans un communiqué.
Les ventes ont crû de 65 % entre 1998 et 2006, passant de 2 millions à 3,3 millions, souligne la CGT, qui rappelle que l’objectif pour 2007 est de 3,5 millions. « Il est significatif que ce plan de suppression d’emplois soit évoqué au moment où le Conseil de surveillance PSA annonce le versement aux actionnaires de 317 millions d’euros de dividendes » au titre de 2006, poursuit encore le syndicat.
PSA tiendra le 23 mai son assemblée générale des actionnaires. Un comité central d’entreprise est à l’agenda la même semaine.
Source : l'Humanité
Edition du 23 avril 2007